10 ans d’épiscopat de Mgr Delmas : "Ma plus grande joie, voir le dynamisme missionnaire de notre Église"

Mgr Delmas a été ordonné évêque du diocèse d’Angers le 28 septembre 2008. Il revient sur ces années d’épiscopat, sur ce qui a marqué son ministère et ce qui le porte vers l’avenir.

Ordination épiscopale de Mgr Delmas le 28 septembre 2008

Comment avez-vous reçu l’appel à devenir évêque ?

C’est toujours un étonnement de recevoir un appel. Ma première réaction a été la surprise avec bien sûr la question : « suis-je capable ? ». Très vite cependant, j’ai accueilli cet appel qui était dans la logique de ma volonté de servir l’Église en disant « oui » à nouveau comme je l’avais fait lorsque j’avais été ordonné diacre, puis prêtre. Je savais également qu’une telle mission, comme bien d’autres ne pouvaient pas être portées seul.


Ordinations de Mgr Delmas, septembre 2008

Que retenez-vous de votre arrivée en Anjou ?

Il m’a été demandé d’entrer dans une histoire différente de celle que je connaissais lorsque j’étais prêtre dans le diocèse de Cahors. Le diocèse d’Angers venait de vivre un synode, en 2007. Une charte synodale avait été promulguée par Monseigneur Bruguès ce qui m’a permis d’être plongé dans le bain de L’Église d’Anjou de façon immédiate. J’avais la certitude que quelque chose me précédait, j’arrivais dans une Église qui avait un projet. Dans le même temps, je me rendais compte que c’était une responsabilité importante qui m’attendait.

Qu’avez-vous appris du ministère d’évêque ?

En acceptant ce ministère j’avais la conviction que les personnes que j’allais rencontrer, vers lesquelles j’étais envoyé, me permettraient d’être l’évêque que je devenais. J’ai conduit ma mission en apprenant à ne pas avoir d’a priori, de préjugés sur les réalités que je découvrais. J’ai aussi appris qu’un évêque doit être capable de s’appuyer sur ses collaborateurs : je pense ici aux prêtres et aux diacres permanents et également les laïcs qui ont reçu une lettre de mission. Je n’oublie pas également l’ensemble des chrétiens du diocèse qui sont appelés à être des disciples missionnaires comme nous le disons aujourd’hui. J’ai fait l’expérience de Moïse qui, grâce aux judicieux conseils de son beau-père Jethro, s’est donné des collaborateurs pour porter sa mission.

Ouverture de la porte sainte à la cathédrale Saint-Maurice le 13 décembre 2015 - Jubilé de la miséricorde

L’évêque, également, n’est pas évêque uniquement pour le diocèse qui lui est confié. Il est évêque avec les autres évêques. La collégialité se vit de façon très concrète au niveau de la province et de l’Église de France,grâce à des rencontres régulières et un travail en commun. Elle se vit aussi par nos liens avec l’Église universelle. Or, cette universalité se manifeste très concrètement dans notre Église diocésaine du fait de son histoire.

Qu’est-ce qui vous donne de la joie ?

Ma plus grande joie est de voir le dynamisme missionnaire de notre Église d’Anjou. L’évêque est missionnaire avec tous ceux qui ont reçu la grâce du baptême. Il est appelé à faire l’unité et à transmettre ce don de l’Esprit Saint qu’il a reçu au jour de son ordination. Il est un sacrement dans le sens où il est signe d’un Autre, au-delà de ses qualités et de ses défauts. Des personnes plus fragiles savent très bien exprimer cette dimension. Elles m’aident et me révèlent davantage ce que je suis appelé à être.

Mgr Delmas avec un groupe de confirmands du Haut-Anjou en 2014

Quel élan souhaitez-vous donner aujourd’hui au diocèse d’Angers ?

Un travail important a été fait lors de la démarche synodale qui a conduit à la promulgation de nouvelles orientations missionnaires en mai dernier. L’heure est venue maintenant de mettre en œuvre ces décisions en évitant de les comprendre comme des recettes qu’il s’agirait d’appliquer pour être quitte avec notre responsabilité.

Mgr Delmas avec les prêtres missionnaires d’Afrique, juillet 2017

Je n’oublie pas ce qui nous relie avec l’Église universelle. Le pape François ne cesse de nous appeler à devenir des disciples missionnaires. Or la fidélité à la mission ne va pas sans renoncements, sans combats. Pourtant, l’Église a moins de forces humaines, elle prend conscience de ses fragilités, de son péché. Elle ne peut plus couvrir le territoire comme jadis. Sans doute, le temps est venu d’apprendre à faire autrement et c’est ce chemin que viennent ouvrir nos orientations missionnaires. Nous devons garder cette espérance, cette ferveur, ce dynamisme missionnaire.

Quelles grâces demandez-vous pour la poursuite de votre ministère ?

Je demande la grâce de la prière. Elle seule me révèle que ce n’est pas l’évêque seul, ni l’ensemble des baptisés qui détiennent la clef de l’avenir de l’évangélisation. Seul l’Esprit Saint sait ce qu’il convient de faire et comment faire. Est-ce à dire que nous n’aurions qu’à nous reposer sur lui et croiser les bras en attendant qu’il agisse ? Non, bien évidemment, mais il convient de le laisser nous inspirer et guider nos pas. Et c’est par la prière que tout cela devient réel et concret. Je demande donc la grâce de croire toujours davantage au travail de l’Esprit saint, la grâce de la confiance, car je ne suis qu’un instrument de Dieu. Le pape, lorsqu’il parle de la mission de l’évêque insiste sur l’importance de la prière. Si je prie, je sais que je ne suis pas le premier évangélisateur.

Mgr Delmas bénit des fidèles dans la cathédrale Saint-Maurice, juin 2018