200 ans de l’arrivée des religieuses aux Gardes : regarder l’avenir avec espérance

A l’occasion de la fête de la Nativité de la Vierge Marie, le 200ème anniversaire de l’arrivée des cisterciennes aux Gardes a été célébré en ouvrant largement les portes du monastère. Retour sur cet évènement exceptionnel avec Mère Béatrice, mère abbesse pour mieux comprendre le sens de cet anniversaire et regarder l’avenir de la communauté avec espérance.


Revivre les célébrations en images :

Photos : paroisse Notre-Dame-en-Chemillois


Plus de 300 personnes ont partagé le repas avec les sœurs dans les jardins du monastère le dimanche 9 septembre, plusieurs centaines ont visité le monastère l’après-midi et le soir la communauté de Bellefontaine et celle de Martigné-Briand avait rejoint les moniales des Gardes pour chanter les vêpres à l’église du sanctuaire, dans une église pleine.


Dans quelles conditions sont arrivées les sœurs en 1818 à Saint-Georges-des-Gardes ?

Mère Béatrice : L’arrivée des sœurs aux Gardes en 1818 résulte de la demande des « Gardais » qui, devant l’impossibilité d’obtenir de l’évêque l’envoi d’un prêtre pour desservir le sanctuaire de Notre-Dame des Gardes, s’étaient adressés aux cisterciens établis à Bellefontaine depuis 1816.

Jusqu’à la Révolution française le sanctuaire des Gardes était desservi par des Ermites de St Augustin qui avaient été chassés par la tourmente révolutionnaire. Leur monastère et le sanctuaire avaient été en grande partie détruits durant la guerre civile et, au retour de la paix, les gens du lieu n’avaient de cesse de restaurer les bâtiments mais surtout la célébration du culte et la restauration des pèlerinages en l’honneur de la Vierge Marie invoquée ici depuis des siècles sous le vocable de Notre-Dame des Gardes.

Quelles sont les grandes dates de votre présence aux Gardes ?

Mère Béatrice : Le 8 septembre 1875, sur le souhait de l’évêque d’Angers, Mgr Freppel, Notre-Dame des Gardes a été solennellement couronnée. La célébration a eu lieu dans une prairie du monastère avec la participation de 40 à 50 000 pèlerins et de plus de 400 prêtres ! La communauté était partie prenante car son histoire est indissociable de celle du pèlerinage. L’église des sœurs étaient alors ouverte sur celle du pèlerinage : elle le restera jusqu’en 1961.

En 1960, la communauté a exprimé sa dimension missionnaire en fondant un monastère cistercien-trappiste au Bénin (alors encore Dahomey) : 12 sœurs fondatrices sont parties et maintenant la communauté de l’Etoile Notre-Dame, à Parakou, est bien vivante avec plus de 45 sœurs.

Dix ans plus tard, c’est la sensibilité œcuménique de la communauté qui l’amenait à une nouvelle fondation, cette fois en France, dans le Gard, en milieu assez protestant. Cette petite communauté de la Paix-Dieu est aujourd’hui vivante et rayonnante dans sa vocation œcuménique, au lieu-dit Cabanoule.

Plus récemment, en 2004-2006, des travaux importants pour ouvrir notre église monastique aux personnes qui souhaitent se joindre à notre prière, ont été une expression concrète de notre insertion dans l’Église, en particulier notre Église locale.

Dans le cadre du même chantier, nous avons restauré des lieux au cœur du monastère, dont le cloître : c’était nous donner un cadre qui permette à notre communauté de « vivre ». Ce choix de rénovation s’enracinait dans notre espérance devant l’avenir. Celui-ci est dans la main de Dieu, mais Il attend notre coopération !


Pour quelles raisons avez-vous souhaité marquer cet anniversaire ?

Mère Béatrice : Un anniversaire est une formidable occasion de faire mémoire et de rendre grâce des dons reçus, des épreuves traversées… autant de manifestations de la miséricorde de Celui qui fait tout contribuer pour le bien de ceux qu’il aime et qui se fient en lui. Il nous semble important de nous tenir dans ces attitudes de mémoire et d’action de grâce.

Un anniversaire c’est aussi une occasion de regarder non seulement en arrière mais également en avant. Notre communauté, comme beaucoup de communautés ecclésiales, se sent invitée à revivifier son espérance et à se mobiliser pour faire face aux défis qui se présentent à elle.

Ces derniers mois nous nous sommes donc engagées dans un processus de réflexion pour préparer si ce n’est les 200 ans à venir, tout au moins les prochaines décennies.


Pour l’avenir de l’abbaye et l’accomplissement de votre mission aux Gardes, qu’avez vous confié au Seigneur au moment de cet anniversaire ?

Mère Béatricel : Lors des célébrations du 8 et 9 septembre nous avons d’abord rendu grâce pour la vie et la foi qui ont été transmises de générations sur cette colline, pour la générosité des gens des environs qui sont à l’origine de l’installation de la communauté en ce lieu et qui ont généreusement soutenu les sœurs dans les épreuves que l’abbaye a traversées au cours de ces 200 années (notamment au cours du début du XXème siècle).

Action de grâce encore pour le courage, la fidélité de nos devancières qui ont connu la grande pauvreté et la précarité durant de nombreuses années.

Nous avons prié pour que le cœur des femmes et des hommes de notre diocèse brûle encore et toujours du même ardent désir que celui qui, il y a 200 ans, animait le cœur de ceux qui se sont mobilisés pour restaurer sur la colline des Gardes la célébration de la gloire du Seigneur et le chant des louanges de Marie, sa Mère.

Nous avons également confié au Seigneur tout notre travail de réflexion en cours, nous nous sommes remises entre ses mains pour qu’Il nous conduise et que nous nous laissions conduire sur les chemins qui seront sources de vie non seulement pour notre communauté mais également pour tous ceux et celles qui viennent Le rencontrer en ce lieu, tous ceux et celles qui comptent sur la prière des sœurs.


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