Charles de Foucauld sera canonisé le 15 mai 2022. Il avait été béatifié le 13 novembre 2005. Le miracle qui a ouvert la porte à la canonisation du Bienheureux Charles de Foucauld s’est produit à Saumur, sur la paroisse Charles de Foucauld, le soir du 30 novembre 2016, au moment ou la fraternité spirituelle de Charles de Foucauld s’apprêtait à fêter le centenaire de sa mort (1er décembre 1916). On pourra retrouver les circonstances de ce miracle sur le site de la paroisse Charles de Foucauld à Saumur : Paroisse Charles de Foucauld - Saumur - Diocèse d’Angers.

Le Service des Relations avec les Musulmans (SNRM) est particulièrement concerné par l’héritage spirituel de Charles de Foucauld, "frère universel", et la revue En Dialogue, dans son numéro 14 d’octobre-décembre 2020 propose un dossier intitulé "Charles de Foucauld et les musulmans".


En Dialogue N°14 - oct/déc 2020

Dans la présentation qu’en fait Colette Hamza, directrice adjointe du SNRM, nous pouvons lire : "Les auteurs des différents articles de ce dossier ont tous en commun de mettre l’accent sur l’image controversée qu’offre la figure de Frère Charles, ses ombres et ses lumières, tout en mettant en garde contre une lecture anachronique du personnage et de son action, autant sur le plan politique qu’ecclésiologique" (page 14)

Le Père olivier Pety, résume ainsi le projet de Charles de Foucauld : "Faire venir Jésus [dans l’eucharistie] là où Il n’est encore jamais venu… Prendre le temps d’une préparation à l’annonce explicite de l’Evangile… Revenir à l’Evangile ; ramener les chrétiens à une vie conforme à l’Evangile" (page 17)

Ali Mérad
, universitaire algérien, musulman, a écrit un livre intitulé "Charles de Foucauld, au regard de l’Islam" ed. DDB, dont quelques pages sont reproduites dans ce numéro 14 de la revue En Dialogue. Ali Mérad dit en particulier ceci : "A son contact, plus d’un croyant sincère parmi les habitants des oasis ou les Touaregs a dû s’interroger sur le véritable message de ce "marabout chrétien", qui semblait avoir été suscité par la Providence pour incarner de nouveau aux yeux des hommes certaines valeurs fondamentales du pur Islâm : la confiante remise de soi à Dieu, la simplicité, la recherche des perfections morales, en même temps que la ferme résolution de contribuer – fût-ce de manière obscure et modeste – à rendre la société plus humaine, plus juste et plus fraternelle". (page 12)

Le Père Christian Salenson écrit pour sa part : "Comment ne pas reconnaître en Foucauld que la rencontre des croyants d’une autre religion est un facteur décisif de conversion, lorsqu’en fidélité à sa propre foi, on ne se dérobe pas aux appels reçus de ces autres. Ce fut le cas aussi bien pour l’amenokal Moussa que pour Charles de Foucauld." (page 34)

Mgr Claude Rault, évêque émérite de Laghouat-Gardaia en Algérie, introduit ainsi sa propre contribution à ce dossier : "La tentation devant une personnalité si contrastée est double : ou on ne le voit qu’à travers le prisme d’une sainteté qui ne saurait souffrir aucune ombre, ou on ne le perçoit que comme un "suppôt de la colonisation française" dont il aurait été un fervent pilier dans le sud algérien… Pourquoi, et en quoi, cet homme peut-il être regardé comme "saint" par le chrétien que je suis et par l’Église à laquelle j’appartiens ? Voilà la question à laquelle je m’efforcerai de répondre." (page 40)

Ce dossier cite aussi le pape François qui termine sa dernière encyclique "Fratelli tutti / tous frères" en évoquant la vie de Charles de Foucauld : "Il voulait en définitive être le frère universel. Mais c’est seulement en s’identifiant avec les derniers qu’il est parvenu à devenir le frère de tous. Que Dieu inspire ce rêve à chacun d’entre nous. Amen !" (page 62)

Ce numéro de la revue En Dialogue peut être commandé sur le site internet de la Conférence des évêques de France : En Dialogue - Publications de la CEF