Avec les migrants : de nouvelles fraternités à construire

La quatrième édition d’Art et Spiritualité, fruit de la collaboration entre la paroisse Saint-Joseph et la paroisse protestante réformée, à Angers, a été l’occasion pour une dizaine d’artistes de s’exprimer autour du thème « Fraternités ». Vendredi 20 avril, les organisateurs ont proposé une table-ronde dans l’église Saint-Joseph. Les participants ont réfléchi ensemble à la façon de construire des nouveaux liens avec les migrants, d’établir des « nouvelles fraternités ».


Cette réflexion autour des « nouvelles fraternités » est rendue nécessaire par les bouleversements provoqués par la crise migratoire. Laure Miquel, de la Fédération de l’entraide protestante-Ouest, a précisé que le renouvellement devait se penser dans tous les domaines : nouveaux publics, nouveaux besoins, nouveaux moyens. Elle a souligné en particulier la présence croissante « d’invisibles », ces personnes qui passent à travers tous les systèmes d’aide et qui tombent dans l’exclusion radicale. Les 300 associations rassemblées dans la Fédération multiplient les actions sur le terrain. A Lille, une halte de nuit a été montée, afin d’aller à la rencontre de ceux qui, la nuit, ne voulaient pas rejoindre les hébergements qui n’acceptaient pas la consommation d’alcool ni les animaux. « Ce sont des réalités dont il faut tenir compte dans notre accompagnement », remarque Laure Miquel.

Des rencontres imprévues

Régine Dupont, responsable diocésaine de la Pastorale des migrants, insiste sur l’accueil et le développement intégral de la personne. « Nous cherchons à rejoindre les migrants dans leur humanité, nous rappelant ainsi que nous sommes tous frères et sœurs. L’une des questions est comment les accompagner dans leur développement spirituel ? » Régine Dupont précise aussi que de nouvelles façons de vivre la fraternité surgissent aussi au cours des rencontres imprévues : « Il y a bien sûr les rencontres entre migrants et bénévoles. Mais il y a aussi les collaborations, improbables il y a peu, entre les services de l’État, les paroisses et des associations laïques qui sont parfois très éloignées de l’Église. »

Créer des liens amicaux

Ces rencontres, Armelle Lecomte les organise à la paroisse Saint-Joseph d’Angers. Depuis 18 mois, un petit groupe de bénévoles organise régulièrement des repas festifs et conviviaux avec des migrants accueillis par l’association France Terre d’Asile. « Au-delà d’une aide pratique, nous cherchons surtout à créer une relation avec ces personnes déracinées, qui sont en recherche de liens amicaux. L’an dernier, nous les avons ainsi emmenés à un match du SCO. Ils en sont revenus enthousiasmés. »
Comme le souligne Laure Miquel, la fraternité n’est pas donnée, elle est sans cesse à construire. « C’est un renouvellement permanent. Il faut réfléchir à des petites choses qui mises bout à bout vont permettre aux personnes de retrouver leur dignité. »