8 mai : fêtons le Bienheureux Jean Chevillard, une vie donnée

Le bienheureux Jean Chevillard

Le 8 mai l’Eglise catholique célèbre la mémoire du Bienheureux Jean Chevillard et ses compagnons. Originaire d’Angers, découvrons à l’occasion de cette fête le parcours de Jean Chevillard et son message...

Jean Chevillard a vécu toute sa vie en Afrique du Nord. Père Blanc, il a accompli sa mission à Tizi Ouzou au milieu du peuple algérien qu’il aimait beaucoup, vivant son apostolat jusqu’au bout. Il a été assassiné par les terroristes en 1994, et fait partie des 19 martyrs d’Algérie béatifiés le 8 décembre 2018.

« Je me suis fait prêtre pour donner ma vie à ceux que Dieu voudra mettre sur ma route, sans rien demander en échange. ». Une vocation née très tôt : sixième d’une fratrie de quinze enfants, Jean Chevillard est né en 1925 à Angers, de parents commerçants. Sentant l’appel à devenir missionnaire, il rejoint l’Afrique du Nord à 16 ans où il devient novice chez les Pères Blancs missionnaires d’Afrique. Ses études au séminaire de Tibar en Tunisie sont interrompues par la deuxième guerre mondiale : Jean Chevillard est mobilisé pendant trois ans dans les chasseurs d’Afrique, avant de reprendre sa formation qu’il complète par l’étude de l’arabe. Il est ordonné prêtre à Carthage en 1950. Rêvant d’une mission en Afrique noire, c’est en Algérie qu’il est envoyé.


Proximité avec le peuple kabyle

Après un premier emploi à la bibliothèque des Pères Blancs dans la casbah d’Alger, où il connut les violences de la guerre d’Algérie, il devient en 1978 Supérieur régional de la communauté. Au terme de ce mandat, il est nommé à Tizi-Ouzou, « un poste pauvre comme il le souhaitait. Il a vécu ces dix années au milieu du peuple kabyle qu’il aimait beaucoup, dans ce pays rude et attachant qu’il admirait profondément » (Semaine religieuse 1995). Très proche des gens, il y ouvre un bureau d’aide sociale et créé une bibliothèque.

La mission, jusqu’au bout

En septembre 1994, après une visite en Anjou où il assiste à la commémoration du martyre d’une aïeule pendant la révolution française, il revient à Tizi Ouzou, malgré le danger terroriste. Le Front islamique du salut (FIS) menace en effet depuis un an les étrangers présents en Algérie. Mais pour le père Chevillard le devoir et la solidarité envers la population berbère sont plus fort : « Notre vocation, c’est le témoignage de la foi chrétienne en terre musulmane. Pour le reste, Inch’Allah » confiera-t-il.
Le matin du 27 décembre 1994, il est assassiné ainsi que trois confrères par un commando islamiste. Deux jours avant sa mort, il célébrait Noël très modestement entouré de deux personnes.

Maison des Pères Blancs de Tizi Ouzou en Algérie (source : peresblancs.org)

Tous les quatre ont été béatifiés le 8 décembre 2018 ainsi que Mgr Claverie, les moines de Tibhirine et les autres religieux et religieuses, martyrs de leur fidélité au Christ et au peuple d’Algérie.

Pour aller plus loin :
Lire l’article "Un angevin parmi les martyrs d’Algérie"
Martyrs d’Algérie : quel message aujourd’hui ?