J’ai confiance : je donne pour leurs missions

les religieuses en mission pastorale - Interview d’une bénéficiaire de la mission de soeur Jeanne-Marie Penant : Claire le Gall

Claire le Gall est une jeune femme de 21 ans. Arrivée en septembre 2018 à Angers pour faire sa troisième année de Sociologie Anthropologie à l’Université Catholique de l’Ouest (UCO), elle décide que c’est la bonne année pour faire sa confirmation. Elle rencontre soeur Jeanne-Marie Penant, servante des Pauvres, à l’aumônerie de l’UCO.

Pourquoi avez-vous souhaitez faire votre confirmation en arrivant à Angers ?

J’ai grandi dans une famille où la foi est très présente. Mais à l’adolescence on a tous envie de se rebeller un petit peu contre papa et maman. La foi de mes parents est tellement vivante et tellement marquée chez eux que pour nous, enfants, le meilleur moyen de se rebeller contre nos parents était de se rebeller contre l’Eglise aussi.

Alors je n’ai pas fait grand-chose, cela s’est concrétisé simplement par une indifférence vis-à-vis de la foi que l’on m’avait transmise jusqu’alors. Finalement - il y a toujours des petites choses qui convergent – et j’y suis revenue doucement : il y a eu le décès de ma grand-mère et simplement un ami qui m’a dit un dimanche matin – aller viens ça va te changer les idées, viens à la messe avec moi. Puis au fur et à mesure on se rend compte à quel point cela nous fait du bien et sans s’en rendre compte j’ai recommencé à prier et donc ma foi est revenue, cela fait déjà 4 à 5 ans où j’ai recommencé à vivre ce partage là et à réécouter un petit peu le Seigneur.

Et puis j’ai commencé à m’y intéresser un peu plus et j’ai pris des cours d’initiation à la théologie avec mon professeur de philosophie qui proposait cela. Cela m’a beaucoup intéressée, néanmoins cela m’a un peu perturbé dans ma foi, parce que l’on me parlait de Dieu comme d’une idée, comme un concept abstrait et ce n’était pas mon Dieu à moi l’ami à qui je parlais tous les soirs. Du coup cela m’a beaucoup perturbé dans mes prières et je me suis rendue compte que pour l’instant ma foi se basait beaucoup sur du ressenti, ce n’est pas du charisme non plus mais simplement je pense que l’on ressent tous un petit peu cela, plus ou moins à certains moments, mais cette bienveillance un petit peu générale sur laquelle on n’arrive pas à mettre de mots. Je me rendais compte que je n’arrivais plus à ressentir cela et que ça me faisait un peu une foi instable et je me suis dit : je n’ai pas envie que ma foi repose sur quelque chose qui va qui vient. Je me suis dit Claire fait cette démarche d’aller vers ta confirmation parce que j’ai loupé le passage où tout le monde le faisait à peu près à 15 ans. Je me suis dit fait le de façon à montrer au Bon Dieu que même si des fois tu ne le sentiras plus, tu auras l’impression qu’il n’est pas là, tu continueras à le chercher malgré tout.

Comment avez-vous rencontré soeur Jeanne-Marie ?

Sœur Jeanne-Marie, servante des pauvres m’a accompagnée cette année à l’aumônerie de l’UCO, pour pouvoir comprendre encore plus ce qu’est la démarche de la confirmation.
Comme je venais d’arriver à Angers, je me suis tournée vers l’aumônerie de l’université pour leur dire que je voulais faire la démarche de la confirmation et savoir comment je pouvais être accompagnée. C’est à ce moment-là que j’ai vu Catherine Leiber laïc en mission ecclésiale, qui a accueilli ma demande et qui m’a expliquée comment cela se passerait. Elle m’a dit que l’aumônerie de la Catho mettait en place un groupe qui formait ceux qui se préparaient pour le baptême et ceux qui se préparaient à la confirmation. On avait des réunions deux à trois fois par mois avec Sœur Jeanne-Marie qui encadrait ces réunions et qui nous accompagnait si nous avions des questions.

Alors a commencé la première réunion avec sœur Jeanne-Marie qui s’est présentée et nous a expliqué comment allait se passer l’année. On a d’abord commencé par prier tous ensemble et on a appris à se connaître, en expliquant quelle était la démarche de chacun, pourquoi on était là. C’est comme cela que j’ai rencontré sœur Jeanne-Marie. Nous étions deux à nous préparer à la confirmation, deux filles qui se préparaient au baptême et en plus une des marraines de baptême qui était là à toutes les réunions. En plus de cela, sœur Jeanne-Marie a proposé à une autre fille de l’aumônerie de nous accompagner et de venir dans les temps de réunion à chaque fois. Je pense que c’était une façon, pour sœur Jeanne-Marie, de nous montrer que notre préparation était quelque chose qui était suivi avec joie par tous les autres jeunes de l’aumônerie. Nous étions donc un petit groupe de 6 ou 7.

Que vous a apporté sœur Jeanne-Marie dans cette démarche vers la confirmation ?

La première chose qu’elle a apporté ça a été de pouvoir comprendre ce que signifiait la Confirmation au-delà de ce qu’elle pouvait signifier pour moi. J’étais venue avec mon idée. Mais, elle l’a beaucoup précisé avec le vécu qu’elle avait de sa foi, ce qu’elle a pu voir, et ce que l’Eglise dit de la confirmation. Elle m’a vraiment apporté cette compréhension-là : venir au plus près de l’Esprit Saint et se laisser un petit peu porter par cela. Voir qu’il y a une mission qui va au-delà de cela et que finalement la confirmation n’est pas un aboutissement mais un début. Voir plus concrètement et un peu plus profondément ce que signifie la confirmation. Toutes ces réunions commençaient avec un temps de prière, ensuite la sœur choisissait une thématique sur laquelle elle avait prévu des choses à dire et on intervenait sur ce que cela appelait pour nous dans notre vécu, les questions que cela pouvait poser et parfois aussi les enseignements de l’Eglise. On pouvait questionner la sœur sur ce que l’on ne comprenait pas vraiment, avoir un petit temps d’échange, et on finissait par une prière.

Ces temps avec sœur Jeanne-Marie m’ont beaucoup apporté parce que même celles qui n’étaient pas là pour le baptême ou la confirmation elles l’on dit, pour la plupart d’entre nous on a grandi dans ce contexte là avec une famille catho…mais il y a plein de choses -dans ce que dit l’Eglise- qu’on n’a pas forcément creusé, surtout à notre âge où l’on s’est laissé peut-être un petit peu porter. Là c’était vraiment l’occasion d’un dialogue entre ce que dit l’Eglise et ce que, nous, on pense, ce que notre société actuelle peut penser, et parfois les discours ne sont franchement pas les mêmes. Sœur Jeanne Marie c’était le moyen d’avoir ce dialogue de façon hyper simple et en transparence. Un vrai relai sur ces questions-là. Nous n’avions pas peur d’avoir l’air un peu bêbête quand il fallait poser des questions qui sont censées nous paraître évidentes.

Pour résumer, je dirai donc que Sœur Jeanne-Marie m’a apporté deux choses : d’abord une meilleure compréhension de ce qu’est la confirmation, s’y préparer au mieux. Ensuite, des réponses à toutes les questions pour mieux comprendre l’Eglise et tout ce que nous demande de faire l’Eglise aussi.

Je rajouterai un autre point, parce que la rencontre avec sœur Jeanne-Marie va au-delà de la confirmation - parce que je lui ai demandé et elle a accepté d’être ma marraine spirituelle. Je pense que c’est aussi cela à mes yeux que m’a apporté sœur Jeanne-Marie et cet accompagnement-là : ça a été l’occasion de mettre un visage, de mettre des discussions, et de mettre un cœur et une personne derrière l’Eglise avec un grand E. Parce que quand on est jeune on les voit toujours un petit peu de loin les acteurs de l’Eglise, ou on les voit comme des grandes personnes qu’on ne connait pas vraiment, même lorsque ce sont des amis de nos parents, quand on voit les prêtres, les sœurs les laïcs consacrés, on a toujours un profond respect pour eux mais parfois on ne les connait pas beaucoup plus, surtout pour moi qui m’était un peu détachée de la vie de l’Eglise. Cette année, ce fut l’occasion de rencontrer l’Eglise à travers une vraie personne. Parce que si vous la connaissiez sœur Jeanne-Marie, c’est vraiment restée une jeune fille, elle a un rire de jeune fille… C’est vraiment toute cette joie et cette simplicité d’avoir, non pas découvert une sœur qui représente l’Eglise, mais d’avoir découvert sœur Jeanne-Marie, que m’a apporté cet accompagnement. Ça permettait vraiment de voir que, l’Eglise, c’est elle, c’est nous et que ça se construit dans cet échange-là. Et je pense que c’est la plus grosse chose que ça m’a apporté ; de voir qu’il y avait quelqu’un qui se préoccupait de savoir comment on évoluait dans cette démarche, pour chacun d’entre nous, et qui se préoccupait de savoir comment nous allions, même encore aujourd’hui (nos formations sont terminées et elle nous a envoyé un message la semaine dernière pour avoir nos résultats et de nos nouvelles). Le plus beau finalement, c’est d’avoir cette personne-là, avec cette concrétisation de ce qu’est l’Eglise, et comprendre que ce n’est pas encore une fois une idée abstraite, mais que c’est vraiment bien quelqu’un qui est vivant et est là pour nous et avec qui on peut vraiment échanger.