Journée des chefs d’établissements de l’enseignement catholique : accueillir la différence

Philippe Trillot (2016)

Mardi 27 août, les 300 chefs d’établissement de l’enseignement catholique du Maine-et-Loire ont fait leur rentrée au lycée de Pouillé aux Ponts-de-Cé. Entretien avec Philippe Trillot, directeur diocésain de l’enseignement catholique du diocèse.

Pourquoi une telle journée ?

C’est une tradition de faire rentrer tous les chefs d’établissement du diocèse, avec tous les représentants des services de l’enseignement catholique diocésain, les parents d’élèves, les gestionnaires... C’est une occasion unique pour rassembler l’ensemble des responsable et encourager ainsi une logique de réseau. La famille réunie de l’enseignement catholique accueille les nouveaux chefs d’établissements qui reçoivent leurs lettres de mission lors d’une célébration de rentrée.

Quel est le rôle d’un chef d’établissement de l’enseignement catholique ?

Son rôle est de faire vivre une communauté éducative, de taille plus ou moins importante, de 30 élèves avec 2 ou 3 adultes qui les accompagnent au quotidien à plus 1000 élèves avec une centaines d’adultes. Le chef d’établissement anime cette communauté éducative avec la responsabilité pédagogique, éducative, administrative et financière, et, avant tout, la responsabilité pastorale. C’est une communauté chrétienne où l’Évangile doit être annoncée auprès de tous ceux qui font le choix de venir dans cet établissement scolaire.

Comment l’Évangile s’inscrit dans la pédagogie ?

C’est un des éléments les plus complexe de la mission qui nous est confiée. Nous existons dans la constitution française depuis la loi Debret et nous avons la chance, en tant qu’établissement confessionnel, de pouvoir proposer aux gens qui nous font confiance, que ce soit les adultes de l’encadrement, les familles et les enfants, un chemin de vie, une voie qui est celle du Christ. C’est la vocation du chef d’établissement et de ceux qui l’accompagnent de faire en sorte que cette proposition de l’Évangile soit au cœur de l’établissement, quelque soit le parcours des acteurs qui sont présent. C’est une rencontre qui est proposée, c’est une vie de foi pour certains qui se vit.

Dans une société ou la foi semble être en recul, nous sommes dans cette dynamique de sens. Dans un monde complexe, dans une société qui se pose beaucoup de questions, nous voulons proposer un chemin, montré par d’autres il y a longtemps. Nous croyons à un monde où l’amour du prochain est possible et où la beauté peut trouver sa place.

Sur quel thème avez-vous travaillé lors de cette rentrée ?

Depuis 2016, la charte de l’enseignement catholique promulguée par notre évêque repose sur 5 fondements :

  • Une école ouverte à tous
  • Une école qui fait grandir la personne
  • Une école qui annonce l’évangile
  • Une école laboratoire d’humanité
  • Une école engagée

Cette année nous avons fait réfléchir les chefs d’établissements sur le 1er fondement, en abordant le sujet de l’école inclusive, avec Charles Gardou, universitaire à Lyon.

Le rôle majeur de l’école est d’accueillir, potentiellement de très nombreuses différences, parmi lesquels des handicaps visibles ou invisibles. Notre école doit avoir les bons réflexes pour accueillir et respecter ces différences. Certains chefs d’établissements sont en avance. Notre objectif est que notre réseaux se construise une identité respectueuse de l’ensemble des différences et particulièrement celle du handicap.


Source : RCF Anjou - Interview Thomas Cauchebrais