Journée diocésaine sur l’écologie : s’émerveiller !

Écologie intégrale… par où commencer ? C’était le thème de la première journée diocésaine autour de l’écologie, qui a rassemblé près de 130 personnes le 8 mai dernier à la Pommeraye. À cette question le P. Dominique Lang, prêtre assomptionniste et journaliste au Pèlerin, a répondu : « toujours repartir de l’émerveillement ». Une posture que les participants ont pu adopter toute la journée en découvrant les initiatives en Maine-et-Loire et en partageant différentes façons concrètes d’intégrer l’écologie dans leur vie.


Par où commencer ? C’est aussi la question que s’est posée la commission écologie du diocèse, créée il y a 2 ans, alors qu’elle dessinait les contours de la journée. Pour le P. Jean-Marie Gautreau, délégué épiscopal du service Société et Culture, « l’objectif de la journée était avant tout de se connaître, de se rendre compte de tout ce qui est déjà à l’œuvre sur le diocèse dans nos communautés, nos écoles, nos familles, nos entreprises. Nous tenions à inviter largement pour échanger, prier et voir comment agir ensemble pour notre maison commune ».

Introduction du P. Jean-Marie Gautreau

Une assemblée intergénérationnelle

Pari réussi avec 130 personnes venues d’horizons différents. "On ne se convertit pas à l’écologie mais par l’écologie" a relevé Jean-Marie Gautreau, un chemin à faire ensemble, en s’appuyant sur les expériences des uns et des autres. L’assemblée intergénérationnelle a écouté attentivement les nombreux témoignages qui ont précédé la conférence du P. Dominique Lang.


C’est Maël et Noémie, du mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), qui ont ouvert le bal en racontant le dernier camp national MRJC organisé en Maine-et-Loire de la façon la plus écologique possible. Pour ces jeunes, l’écologie n’est pas une option. Ils se sont intégrés le plus possible au territoire, ils ont fait appel à des acteurs et des producteurs locaux.

Témoignage de Maël et Noémie du MRJC

Des communautés qui se lancent

En vidéo, les participants ont entendu sœur Claire témoigner de ce qui a motivé la communauté des Bénédictines de Martigné-Briand à se lancer dans la permaculture. Une communauté ecclésiale de base (CEB) de Cholet a expliqué la mise en place du Label Église verte dans leur paroisse, une des premières labellisées en France.

Si l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous pour l’organisation d’une rentrée paroissiale, une CEB d’Angers a montré les ateliers autour de l’écologie qui avaient remporté un vif succès.

L’écologie c’est aussi aller vers les autres

René, diacre, a témoigné comment l’écologie avait fait des ponts entre les copains « écolos » et « catho ».

René Bouvet, diacre, lors de l’atelier de l’après-midi

Deux membres des chrétiens en monde rural (CMR) ont rappelé que l’écologie intégrale prenait en compte le souci des plus fragiles en évoquant le sujet de leur dernière assemblée générale : « les fragilités sociales ».

L’écologie à l’école, en entreprise

L’écologie est naturelle pour les enfants de l’école de Sainte-Christine qui jardinent, trient et ramassent les déchets, et réalisent des œuvres artistiques avec du matériel recyclé. Enfin, un membre des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) a rappelé que entreprise et écologie n’étaient pas antagonistes !

Témoignage de Pascale Cailleau, professeure des écoles à Sainte-Christine

« Entrer soi-même dans un processus »

En commençant sa conférence, le P. Dominique Lang a souligné l’importance de mettre en lumière tous ces petits lieux qui nous permettent nous-même de rentrer dans un processus. Au-delà de la réduction de l’impact environnemental, le souci de l’écologie implique un changement de posture dans sa relation à l’autre et au monde. Des petits pas initiés ici et là, des initiatives qui fleurissent entrainent des changements qui peuvent s’inscrire et en entraîner d’autres. « Quand on veut changer soi-même, ça ne se passe pas dans la tête. L’enjeu, c’est le processus, se rendre attentif, se rencontrer et, l’air de rien, on bouge » explique-t-il.

Intervention du P. Dominique Lang

« Parfois, on a envie de crier » concède-t-il. « Mais l’écologie intégriste ne sert à rien ». C’est l’écologie intégrale qu’il s’agit de cultiver, en entrant dans une démarche qui n’est pas moins qu’une conversion. « Choisis la vie ou choisis la mort » nous dit l’Évangile. A nous d’apprendre la justice et le discernement.

Prendre position pour défendre « notre maison commune »

Pour Dominique Lang, l’encyclique Laudato Si est un texte « générationnel ». C’est-à-dire qu’il va marquer une génération, de chrétiens et de non chrétiens, de personnes qui vont s’interroger et prendre position pour défendre « notre maison commune ». Pour cela il s’agit d’entrer en relation avec tous ceux qui l’habitent : « Si on veut parler de maison commune, ce n’est pas juste entre nous ! »

Croire en Dieu Créateur


Dominique Lang a rappelé le début de notre Credo : « Je crois en Dieu créateur ». Nous avons à prendre conscience que « La vitalité ne vient pas de moi, elle me traverse ». Il a attiré l’attention sur le célèbre cantique pour la création de Saint François d’Assise : « loué sois tu pour » peut aussi être traduit par « loué sois tu par ». Une subtilité qui a toute son importance puisqu’elle nous place dans une autre perspective : « c’est ensemble, avec la création toute entière que nous louons celui qui nous donne la vie. Le salut du Christ est pour la création entière ».

« Partir de l’émerveillement »

« Parfois, on a juste envie de tout laisser tomber » avoue le P. Dominique Lang. Pour remédier au découragement, il nous invite à revenir à l’émerveillement, à « préserver des espaces dans nos vies pour dire merci », merci à son conjoint, merci à ses enfants, merci pour la beauté de la nature qu’on ne prend plus la peine de regarder.

L’écologie intégrale à laquelle le pape François nous appelle est un chemin de conversion. Il distingue 7 étapes dans ce processus :

  • L’émerveillement : « toujours commencer par s’émerveiller ! »
  • La lucidité
  • L’héritage : la bonne nouvelle d’un Dieu créateur
  • L’analyse : l’emballement
  • La synthèse : l’écologie intégrale
  • L’action : le dialogue
  • La conversion

Le P. Dominique Lang s’est réjoui de la diversité des participants. Il est convaincu que c’est en faisant converger nos différents regards que nous pourrons avancer ensemble.

Mettre en pratique et échanger

Chacun a pu mettre en pratique l’écologie et aller plus loin dans la dizaine d’ateliers proposés.

Sœur Francine a choisi l’atelier "cosmétique", elle apprend à fabriquer du dentifrice : "ce n’est pas compliqué, je me dis que c’est quelque chose que j’utilise quotidiennement". Anne et Marie-Paule mélangent les ingrédients du futur déodorant : "on sait ce qu’il y a dedans, c’est moins cher, on évite les produits chimiques et les allergies !"

Atelier fabrication de cosmétiques

Bernadette et Francine participent à l’atelier "empreinte carbone" et doivent deviner l’empreinte écologique d’un tas d’objets que nous utilisons chaque jour chez nous. Elles sont enchantées de vivre cette journée : "depuis ce matin, on se régale !". Toutes deux membres de l’équipe locale CCFD, elles se disent "sensibles à l’écologie et à l’impact environnemental et social". De l’intervention du P. Dominique Lang, elles retiennent "l’émerveillement". Elles ont apprécié la progression de la journée, la diversité des initiatives, la présence de toutes les générations : "tout a été prévu pour que tout le monde s’y retrouve !".

Atelier empreinte écologique - mise en scène des 3 piliers du développement durable
Atelier zéro déchet

Maël participe à l’atelier semis, où jeunes et moins jeunes écoutent avec attention René Bouvet leur apprendre à préparer des plants. "Je trouve agréable de mettre les mains dans la terre, ça change du clavier d’ordinateur !" témoigne ce jeune du MRJC. "Mon père était maraîcher en bio. J’ai 2 ou 3 notions de jardinage pas plus, j’essaie de m’y mettre mais en ville c’est pas facile" confie-t-il. Sylvie a appris ce qu’était une plante "bisannuelle". "Elle espère que les plants vont prendre et que la récolte sera bonne !

Atélier ACE, fabrication d’éponges écologiques

Célébrer et prier

"Tout est donné, tout est lié, tout est fragile" a rappelé le P. Jean-Marie Gautreau. C’est dans la prière et la louange que s’est terminé la journée, dans la chapelle du centre spirituel. Les participants, accompagnés des sœurs de la Pommeraye, ont confié au Seigneur ce qui avait été vécu dans la journée et aussi tout ce chemin que les hommes ont à parcourir ensemble pour la préservation de la maison commune.

Au cours de l’homélie, René Bouvet a invité à chercher de la croissance "du côté du cœur" : "oui, nous pouvons encore grandir en fraternité !". Il souligne que Jésus nous ouvre à une autre existence : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît » (Mt, 6, 33).

Homélie du 8 mai 2019 - journée diocésaine sur l’écologie

Pour conclure ce temps de prière, le P. Jean-Marie Gautreau interpelle l’assemblée : comment chacun de nous peut-il faire un pas et parler de cette journée à un collègue, à un voisin ? Comment parcourir ensemble ce chemin de conversion et mener des actions concrètes dans nos familles, nos quartiers, nos communautés ? Les participants auront trouvé dans la journée des éléments de réponse et surtout la volonté d’avancer. Comme les enfants l’ont chanté avec l’assemblée : "Je voudrais marcher au côté de mon Seigneur, sur les chemins qui mènent à Dieu, rien ne pourra m’empêcher, j’irai jusqu’au bout" !

Le prochain rendez-vous est donné le dimanche 1er septembre à 16h pour ouvrir le mois de la Création par un concert à l’abbatiale Saint-Serge. Benoît Sansom, guitariste angevin, proposera un spectacle musical autour de Laudato Si.


Plus D’informations
Contact : Service Société et Culture - commission écologie