L’abbé Girard, une vie bien remplie

Mercredi 22 mars, après la messe hebdomadaire au presbytère, les fidèles ont fait une surprise à leur abbé . en lui souhaitant ses 90 ans avec un DVD comme cadeaux. Une occasion de revenir sur une vie bien remplie au service des autres.

Sa vocation est née comme une évidence :« Je voulais faire comme Mr le Curé que j’avais en haute estime. Au petit séminaire de Beaupréau, il fallait casser la glace les matins d’hiver pour se laver dans les grands dortoirs. Au cours des 6 années de Grand Séminaire à Angers, j’ai fait mon service militaire en Allemagne, comme un occupant pas méchant du tout. » Puis en 1951, c’est l’apothéose. A la cathédrale d’Angers, Michel Girard est ordonné prêtre avec 21 camarades, le même jour que le futur pape Benoît XVI.
Ensuite, il devient vicaire-instituteur à Montfaucon sur Moine. « Quel travail !Toute la journée, faire la classe à 4 niveaux différents. Harassant !" De 1959 à 1972, Michel Girard est professeur au Petit Séminaire de Beaupréau, puis au collège de Combrée.
En 1972, et ce pendant douze ans, l’évêque Mgr Mazerat l’envoie comme missionnaire à Tahiti à 18 000 kilomètres de la France, loin de tout. Après 4 ans d’enseignement à Papeete, il se retrouve seul à être responsable de six paroisses éloignées les unes des autres. Sur l’île de Tahiti, il côtoie la diversité humaine ( Tahitiens, métis, Chinois, Européens) , mais aussi la diversité religieuse ( protestants, catholiques, adventistes, mormons). » Les Tahitiens en général n’aiment pas décortiquer les textes bibliques. Lors des messes très animées, ils préfèrent chanter et jouer de la guitare. Je célébrais la messe en tahitien. Mais, dans la conversation courante, je comprenais avec peine les personnes qui mangeaient les mots.« 
Après Tahiti, l’abbé est nommé à Rangiroa, un atoll de l’archipel des Tuamotu. "Pour passer d’une île à une autre, je me déplaçais en goélette ( Je donnais aux poissons le contenu de mon estomac), en barque ( j’avais une peur bleue) ou bien en avion ( ma préférence)."
De retour en France, il fut prêtre à Saint Paul du Bois, aux Cerqueux sous Passavant et à Cléré. Depuis 2002, il est prêtre retraité à Maulévrier où il sert « de bouche -trou » comme il le dit avec une pointe d’humour.
Longue vie encore à Michel si Dieu le veut.