La performance à l’école : accompagner le jeune à se construire

« Viiite c’est la rentrée ! », scandent les panneaux publicitaires. Avec la reprise des cours, l’heure est à la vitesse, à la compétition et à la réussite. Comment prendre du recul face à cette course à la performance ? Réponses avec Claude Chevalier de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique du Maine-et-Loire.


« Résumer la performance d’un élève à ses bonnes ou mauvaises notes est bien commode, mais trop réducteur », souligne l’ancien chef d’établissement. « C’est une seule facette d’un jeune qui est un tout : un corps, un cœur, une foi… ».

S’épanouir, c’est réussir !

La tentation pour les parents de projeter beaucoup d’eux-mêmes sur la réussite de leur enfant est grande. « Il arrive que des parents résistent aux projets de leur enfant », raconte Claude Chevalier, Je pense à ces parents qui refusaient le choix de leur fils quant à sa filière professionnelle : il voulait devenir luthier. Après beaucoup d’hésitations, ils ont accepté de lui donner sa chance et le jeune s’est épanoui dans sa formation. »


« L’épanouissement », c’est le mot-clé pour répondre à cette exigence de la performance. Pour Dieu, chaque être humain est différent, il n’y a donc aucun moyen d’étalonner, de conformer chaque enfant, chaque jeune à des critères objectifs.
Quand arrive le bulletin scolaire, pointer les erreurs ou les mauvaises notes de son enfant est nécessaire, mais ne suffit pas. « Il sera donc plus utile de prendre le temps d’échanger en famille sur ce qui a manqué ou les notions mal comprises, que de s’en tenir aux seuls résultats », suggère Claude Chevalier.

Voir les petits pas

Mesurer la performance, c’est aussi voir les améliorations. Certaines sont a priori minimes : pour celui qui a plus de mal avoir des notes qui passent de 7 à 9 sur 20 représente un vrai progrès. Il y aussi les performances inattendues d’un élève hier indiscipliné et arrogant, qui depuis quelques semaines accepte les termes d’un contrat pour le respect des autres et de lui-même.
A l’adulte de se réjouir des petits pas accomplis par l’élève… Le parent, l’enseignant, a le devoir alors de trouver les mots pour le féliciter, l’encourager, même si le résultat paraît encore mince.


Développer la personne d’abord

Au-delà de l’acquisition des différents savoirs, un jeune ne sera pas performant dans sa vie si l’école ne lui donne pas des outils pour l’aider à se réaliser et à se construire comme individu.
C’est l’une des ambitions de l’enseignement catholique en Maine-et-Loire qui porte le souci de donner aux élèves des éléments de réponse aux questions fondamentales sur le sens de la vie, la liberté, etc. Elle l’a réaffirmé dans sa charte sortie l’an dernier : « Nos valeurs colorent nos projets ».
« Finalement, souligne Claude Chevalier, éduquer un jeune ne se résume pas à lui transmettre des savoirs. C’est d’abord l’aider à être performant dans ses convictions pour toute sa vie d’homme ou de femme ».


Source : Article paru dans les journaux paroissiaux missionnaires en septembre 2017