Le carême, un chemin de vie

Pour mieux vivre le chemin de préparation vers Pâques, une journée de retraite a été organisée mardi 13 février au centre spirituel La Providence, à La Pommeraye. Un temps de réflexion pour accueillir le carême, chemin de vie. Lepère Michel Cottineau, qui animait cette retraite, revient sur l’inspiration de cette journée.

Le Christ est Fils jusqu’au don total

« Le mouvement général et de fond du carême, c’est la filiation. Regardons les Évangiles de ces dimanches. Premier dimanche de carême : le diable tente de couper Jésus de sa filiation divine. Le deuxième dimanche, à la Transfiguration, il est confirmé comme « Fils » et Fils « à écouter ». Le troisième dimanche, les vendeurs chassés du temple, Jn 2, 16 : « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ». En Fils, Jésus appelle à purifier les cœurs, vivre la justice pour que le Père soit vraiment honoré. Quatrième dimanche, Jn 3, 16 : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». En Jésus, le Père a tout donné. En lui, il nous a sauvés, il nous a fait miséricorde… Enfin, cinquième dimanche avec la parabole du grain de blé, Jn 12, 27 : « Père sauve-moi de cette heure », verset qui nous oriente vers le sommet, l’offrande du Christ en croix à son Père dans saint Luc 23, 46 : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Ainsi dans sa Pâque, le Christ est Fils jusqu’au don total, et pleinement Fils dans ce don. Il est celui qui a concrètement emprunté le « chemin de Vie ».

Chemin de croix Bréhat

Approfondir notre relation au Père

L’homme est ainsi restauré dans sa filiation divine en Jésus. En conséquence, dans chaque carême, nous avons fondamentalement à approfondir notre relation de Fils et de Filles du même Père en Jésus. C’est le cœur même de la démarche de carême. Pour cheminer, nous sommes invités à contempler le Christ en son abaissement, en son incarnation. Ph2, 5 et suivants « Lui qui de condition divine n’a pas revendiqué d’être traité à l’égal de Dieu mais il s’est anéanti prenant la condition d’esclaves (serviteur) jusqu’à la mort… sur la croix. »

Icône de Taizé

A sa suite, nous avons à accueillir la Parole qui nous est donnée le lendemain du mercredi des cendres et qui, en toute logique, devrait être l’Evangile du « first day » du carême. Lc 9, 23 « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive ». C’est par notre propre apprentissage au renoncement à nous-mêmes que nous allons parvenir à mieux suivre Jésus et que nous serons en lui des vrais fils et filles du Père. Ainsi notre vie devient « chemin de Vie ». Les quarante jours sont là pour nous aider à vivre ce « travail » de fond que l’on appelle conversion.

Faire de nos vies un chemin de vie


Notre contact avec les textes quotidiens de la Parole de Dieu, l’attention que nous allons porter aux autres, le ressourcement auquel nous allons consentir, le jeûne ou les jeûnes que nous allons vivre, le sacrement de réconciliation, et tous les moyens que nous allons prendre ne seront pas là pour améliorer d’abord notre comportement moral, ni pour nous tourner encore plus vers nous. Mais ils seront là pour qu’à travers ces moyens, la personne de Jésus-Christ nous éduque à faire de nos vies un « chemin de Vie » inspiré, tourné vers le Père et les frères afin, qu’en Eglise, nous puissions relever tous les grands défis qui se présentent à nous jour après jour.