Le palais épiscopal

Un peu d’histoire

Le palais épiscopal d’Angers est aussi appelé historiquement le Palais du Tau. Il a été en effet inspiré au XIIème siècle par le palais du même nom de Reims que l’évêque d’alors Mgr Ulger avait visité lors du couronnement d’un roi de France. Le Tau, est le nom de la lettre grecque en forme de "T "qui caractérise le plan de la fameuse salle synodale.

Construit au début du XIIème siècle il a été remanié au 15ème, pour le plafond de la salle synodale, au XVIIème pour le partage de la salle synodale en plusieurs salles et au XIXème avec la création d’une seconde cour d’accès (rue de l’Oisellerie), le remaniement de la façade et la création de toute une aile nouvelle.

Propriété du diocèse jusqu’à la Révolution française, il est devenu alors propriété d’Etat, mais les évêques ont pu l’habiter jusqu’en 1905, au moment de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Tout en restant, comme la cathédrale, propriété d’Etat, il a été loué au diocèse en 1952 pour devenir la Maison des Oeuvres [1], jusqu’au départ de celle-ci au Centre Saint Jean (rue Barra).

Le diocèse est présent dans ce palais désormais à travers la librairie Byblos Saint Maurice, par les bureaux des associations Art et chapelles et Foi et Cultures.
Deux prêtres retraités y habitent et assurent l’accueil et la sécurité et des visites privées.

Fermé au public par arrêté préfectoral, il doit faire l’objet à l’automne 2016 d’aménagements pour l’accès du rez de chaussée aux personnes à mobilité réduite et pour assurer un circuit interne ouvert à des groupes accompagnés. On le visite aux Journées du Patrimoine. Une association travaille actuellement sur des propositions pour son avenir.

Un monument historique de grande renommée

Dans leur livre, renommé mais épuisé, d’histoire du palais de 1903, MM H.DE FARCY et PINIER et le présentent ainsi :

"Parmi les belles choses dont (Angers) a le droit d’être fière, l’évêché tient une place d’honneur. En effet, de tous nos monuments civils, sauf, à certains égards, l’hôpital Saint-Jean, aucun ne peut lui disputer la palme ; et nous ne savons même si, dans tout l’ouest de la France, en dehors de l’art religieux ou monastique, on trouverait une œuvre d’art d’un égal mérite.
Nos pères avaient l’évêché en haute estime ; c’était pour eux la maison principale de la ville, « ung lieu fort mani-ficque et excellent, dit un acte de 1533, tellement que, de tout temps et ancienneté, estoit et est encorres de présent appelé le palais d’Angiers’ ». Palacium andegaveiise c’est ainsi, en effet, qu’on le désigne d’ordinaire dans le cours du moyen âge.

On peut dire que le palais épiscopal a été, plus que la demeure des comtes, le cœur de la cité angevine. C’est de là que rayonnait plus vivement la vie religieuse, intellectuelle et morale ; c’est là qu’on venait prendre conseil dans les cas difficiles, chercher une justice meilleure, implorer contre l’épée brutale la protection de la crosse. Y avait-il quelque part un abus à abattre, une violence à maîtriser ? Les yeux des opprimés se tournaient vers l’évêque et, si un avis paternel restait sans résultat, l’excommunication tombait comme un coup de foudre sur les têtes altières. Tout Angers, pendant sept ou huit siècles, a défilé dans ces murs vénérables : prêtres et moines, comtes ou gouverneurs, suzerains et vassaux, gens de guerre et gens de robe, bourgeois et marchands ont eu là leurs audiences. Que de choses diraient ces pierres à qui saurait les entendre ! "

Le palais épiscopal sur Internet

Plusieurs sites internet sont consacrés désormais au Palais épiscopal d’Angers :

Le Site officiel est celui du patrimoine Pays de la Loire
Ce site très complet signale encore par erreur le palais comme Maison des Oeuvres du diocèse.

Un professionnel de la région a filmé la salle synodale en 360°.

France 3 Pays de la Loire a réalisé un bref reportage sur place en octobre 2015 ; visionner le reportage

Le livre de l’histoire du palais épiscopal de H. de Farcy et Pinier (1903) désormais épuisé a été numérisé, il est possible de le consulter sur Google Books

[1Maison diocésaine où était regroupée une partie des services