Les malades de l’alcool en pèlerinage à Lourdes

Environ 150 "Pèlerins de l’Eau vive" se sont retrouvés à Lourdes du 9 au 14 juin dernier. Une vingtaine de participants venaient du Maine-et-Loire. Témoignages, enseignements, « rituels du verre d’eau », eucharistie, adoration… Pendant ces quatre jours, les malades ont confié leur maladie à la vierge consolatrice de Lourdes.

"Lourdes, c’est une pause dans le quotidien parfois lourd…" témoigne cette participante des Pèlerins de l’Eau vive. Ce groupe catholique qui apporte un soutien aux malades de l’alcool et autres addictions, est né en 1970.
Un soir de cette année-là, Marion Cahour, médecin addictologue, ainsi que deux infirmières, sont à Lourdes et rentrent à leur hôtel. Elles se font alors « recevoir » par la tenancière parfaitement ivre. Guidées par l’Esprit, elles comprennent que son agressivité est un cri de désespoir. Elles fabriquent à la hâte une pancarte et rédigent ces mots : « Jésus Sauveur guéris-nous de l’alcool, MERCI ! ». Elles rejoignent la procession au flambeau. Là, au lieu de les mettre dehors, le maître de cérémonie les appelle à exposer, au milieu des autres et face à tous, leur bannière de fortune. La « mission catholique » des Pèlerins d l’Eau vive est née.

Chapelet

L’alcool, une vraie maladie

Les fondatrices comprennent d’emblée que cette dépendance à l’alcool représente une véritable maladie mais également une maladie de l’âme. Le projet de la mission se dessine : accompagner le malade en organisant des rencontres visant à diminuer ses angoisses, le sentiment de honte, de solitude et l’accompagner sur son chemin de foi.

Les propositions de la "mission"

Les propositions de la "mission" sont variées : accueillir les personnes en situation de fragilité, parfois en grande précarité à cause de leur addiction. On trouve dans cette "mission" beaucoup d’écoute personnalisée, des groupes de parole. Et aussi des relations à distance : contact téléphonique pour prendre des nouvelles, rendre service. Avec un maître-mot : bienveillance absolue, pas de jugement.

Les malades de l’alcool ou autres addictions sont confrontés aux rechutes. C’est pourquoi les fondatrices ont eu l’intuition du « rituel du verre d’eau » (il est demandé au malade de l’alcool de remplir un verre d’eau et de le déposer sur sa table de nuit le soir. Au réveil, le premier geste c’est de le boire et réciter la prière), accompagné de la prière des pèlerins.

Des pèlerins

Outre le pèlerinage annuel à Lourdes, la "mission" organise des pèlerinages locaux dans des sites porteurs d’une histoire ou d’une spiritualité particulière (abbaye de Bellefontaine ou Saumur en Maine-et-Loire, sanctuaire de Saint-Laurent sur Sèvre en Vendée, Calvaire de Pontchâteau en Loire-Atlantique ou la cité mariale de Pontmain en Mayenne). Croyant ou non, chacun peut trouver sa place. L’accent est mis sur l’accueil, l’écoute, l’amitié, l’entraide.

Entraide !

À Angers, le groupe propose une rencontre hebdomadaire en deux parties : temps d’échange, puis chapelet pour ceux qui le désirent. Et comme il s’agit d’être fidèle dans l’accompagnement, une eucharistie est proposée chaque mois, suivie d’un repas partagé.

Témoignages

Quelques échos entendus dans le car lors du voyage de retour, malades de l’alcool ou accompagnants :

  • « C’est une pause dans le quotidien parfois un peu lourd » a dit la première intervenante.
  • Certains sont sensibles à la bienveillance, palpable tout au long du séjour. D’autres sont touchés par la ferveur durant les processions, les célébrations à la grotte ou dans l’immense basilique souterraine pour la messe internationale.
  • Une participante confie avoir hésité : « j’y vais, j’y vais pas ? » Elle est venue et c’est dans la chapelle intime de l’adoration que les larmes ont coulé, toutes les tensions s’en sont allées.
  • Un malade sur le chemin de la guérison endosse son rôle de porte bannière avec fierté, il retrouve l’estime de soi de manière visible !
  • Une autre s’est ressourcée pendant ce pélé à la suite d’un deuil. A Lourdes, tout la renvoyait à la personne décédée. Mais elle a tenu bon et s’est laissée porter par la prière et l’écoute des frères et sœurs.
  • Une autre a dit : « en observant bien, on est tous malades de quelque chose mais on se guérit les uns les autres ».
  • Un habitué des pélés a souligné combien les grâces nous tombent dessus à Lourdes ! « Les frères et sœurs décédés sont les mieux placés pour nous soutenir par la prière ».
  • Dans la pédagogie du pélé, on est invité à prendre au hasard un petit papier déposé dans une corbeille par les pèlerins. L’un d’eux a reçu des paroles de saint Charles de Foucauld : elles lui donneront la force de continuer son chemin d’abstinence.

Prochain pèlerinage

Il aura lieu à l’abbaye de Bellefontaine dimanche 7 août. Covoiturage possible. Inscriptions : Marie-Paule Dardek 06 76 55 87 75

Pour réécouter l’émission Vitamine C sur le pèlerinage à Lourdes