Panama : des JMJ qui changent la vie !


Pendant plus de deux semaines une quinzaine de jeunes du diocèse d’Angers a vécu un grand moment de joie et de rencontre avec les 400 000 jeunes catholiques venus pour les 34e Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ). Nathanaël et Noëlle faisaient partie de ces français qui ont fait le voyage : ils partagent ce qui les a touchés au Panama et ce que ces JMJ ont changé pour eux.

Nathanaël de Lacoste Lareymondie a 18 ans. Etudiant à Angers, il est parti avec un groupe de la région parisienne. C’était ses premières JMJ. Noëlle Marchais est une étudiante et habite à Angers.

Pourquoi êtes-vous partis pour ces JMJ à l’autre bout du monde ?

Nathanaël : J’avais une envie déjà ancienne de partir après avoir vu des personnes de mon entourage revenir enchantées des dernières JMJ de Cracovie.
Pour moi c’était important de partir avec d’autres pour se rassembler entre jeunes, aller à la rencontre du pape. Ces JMJ c’était mon cadeau de Noël, un très beau cadeau !

Noëlle : Mon envie de partir a été renforcée par la qualité du groupe des jeunes des Pays-de-la-Loire. Nous avions pris le temps de préparer ce jour depuis de longs mois déjà : un groupe soudé et bienveillant, ça compte beaucoup pour moi !


Que retenez vous de l’ambiance des JMJ en Amérique Centrale ?

Noëlle : Nous avons été accueillis comme des rois, partout où nous sommes passés. Les panaméens étaient heureux de nous accueillir : même avec un niveau de vie modeste, ils nous ont tout donné !
Les familles d’accueil nous attendaient même tard quand nous rentrions le soir.

En nombre de participants, ces JMJ à Panama étaient moins fréquentées que d’autres, mais c’était très fort spirituellement !

Nathanaël : Une ambiance qui m’a beaucoup bousculé. Les personnes rencontrées étaient dans la joie et souvent portées dans la musique. J’ai été particulièrement touché par les trajets en métro : à chaque fois 40 minutes de chants, de jeux et de chaleur humaine !
Cette joie partagée là-bas, j’ai envie de la partager maintenant !

La première semaine dans le diocèse de Chitré est inoubliable. Les familles se préparaient depuis deux ans à nous recevoir. Pour elles, c’étaient un honneur de recevoir des français. Nous avons été accueillis comme des enfants de la famille !
Au moment de partir, beaucoup de larmes mais aussi de l’action de grâce !


Qu’est-ce que vous avez retenu en particulier de ce séjour ?

Nathanaël : Je retiens le Chemin de Croix avec le pape. J’ai des souvenirs de danses, de musiques, mais aussi beaucoup de simplicité. C’est comme si j’avais fait le chemin de Croix avec le Christ lui-même, tellement ce moment a été intense. J’ai gardé les textes de ce Chemin de Croix que je réutiliserai certainement là où je suis engagé aujourd’hui (scoutisme, aumônerie).

J’ai aussi eu la chance de rencontrer le pape Panama City. J’ai perçu un homme tout habité de l’Esprit Saint. Avec une grande humilité le Saint-Père a demandé aux pèlerins présents de prier pour lui dans sa tâche difficile.

Enfin, j’ai vécu une expérience particulière lors d’une journée à la plage. Au Panama beaucoup de plages ont un sable noir. Avec la chaleur, le sable est donc particulièrement brûlant. Revenant de la baignade, j’avais les pieds très chauds. Arrivé sur une terrasse, une personne d’origine américaine m’a proposé de me laver les pieds pour me soulager de la brûlure du sable. J’ai d’abord refusé, mais il m’a demandé de me laisser faire. Il m’a dit qu’il voulait faire ce geste à l’image du Christ, par humilité. Cette rencontre m’a donné comme une grande claque !

Une messe dans un centre commercial pendant les JMJ

Noëlle : J’ai à l’esprit mes échanges avec Raul un membre de la famille qui m’a accueilli à Panama City. A mon arrivée, en quelques mots à peine, nous nous sommes rendus compte que nous avions la même maladie qui nous oblige à vivre en fauteuil roulant. Cela a créé du lien entre nous, une certaine émotion. Nous avons beaucoup prié ensemble.

Lors de quelques jours avec le pape, le temps d’adoration a marqué beaucoup de personnes et moi la première ! Pendant cette veillée finale, 600 000 personnes se sont tues pendant 20 minutes. Ce silence, tout simplement, face au Saint-Sacrement était vraiment habité par le Christ.

Après ces dix-huit jours sur place, j’ai toujours en tête une parole : "Tant qu’on a pas tout donné, on a rien donné". Oui, après ces JMJ, la question de l’amour donné sans mesure a beaucoup compté pour moi. Elle rejoint le thème des JMJ : "Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole" (Luc 1,38)

Maintenant que vous êtes rentrés depuis quelques jours, qu’est ce que ces JMJ ont changé pour vous ?

Noëlle : Les trois jours de relecture, de reprise de ce qui a été vécu pendant ces JMJ immédiatement après le départ du pape François m’a permis de mieux intégrer tout ce que j’avais vécu et de préparer notre retour au pays.
Revenue à Angers, je m’interroge maintenant plus intensément sur le temps que je consacre à la prière.
D’autre part, l’accueil et l’amitié inconditionnels que l’on m’a accordé à Panama me font aussi réfléchir sur le regard que j’accorde moi-même à l’autre, ma façon de juger et la sincérité dans mes relations.


Nathanaël : Cette joie des panaméens, ce grand sourire, j’ai envie de les partager. J’ai quitté mon confort, mes habitudes françaises et cela m’a fait réfléchir à ce qui est vraiment important, utile dans une vie de chrétien. En plus comme beaucoup de personnes dans mon entourage souhaitaient partir mais n’ont pas pu, je mesure la chance que j’ai eu. J’ai aussi porté beaucoup d’intentions de prière à Panama.
Alors, comme on m’a fait confiance, je me sens un peu redevable vis-à-vis d’eux. Je suis maintenant comme un ambassadeur auprès de mes amis pour leur partager ce que j’ai vécu personnellement, spirituellement ! Je saisis toutes les occasions !