Prêtres jubilaires : relire sa vie et rendre grâce

Ils ont été ordonnés en 1948, 1958, 1968, 1993. Plusieurs prêtres fêtent un jubilé cette année. L’occasion de relire sa vie, de revenir sur les événements marquants du ministère, de rendre grâce. Témoignages du père Jean-Marie Gautreau, ordonné en 1993, et du père Jean-Marie Mérieau, ordonné en 1968.

Jean-Marie Gautreau : « Garder une conscience vive de l’appel du Seigneur »

P. Jean-Marie Gautreau

Une citation du bienheureux cardinal John-Henry Newman m’aide à garder une conscience vive de l’appel du Seigneur et de son envoi ; sans cela, la vie du prêtre perdrait tout sens et serait gagnée par l’amertume et le regret.
« Dieu m’a créé pour un service précis ; Il m’a confié un travail qu’Il n’a confié à personne d’autre. J’ai une mission à remplir dont je ne découvrirai peut-être jamais le sens en ce monde, mais dont je serai instruit dans l’autre. […] Je mettrai donc ma confiance en Lui. Qui que je sois, où que je sois, je remplirai mon rôle. […], Qu’Il me fasse goûter l’amertume et la désolation, qu’Il me voile l’avenir, Il sait toujours ce qu’Il fait. »

D’où cette prière qui ouvre souvent mes journées, exprimant ma remise de moi-même entre les mains de l’Autre. Il est le Seigneur, et il l’est aussi lorsque ce sont les événements, les rencontres, les « autres » qui sont pour moi son visage et son appel, au milieu parfois de difficultés et d’incompréhensions.
«  Daigne accomplir en moi et à travers moi Tes desseins, quels qu’ils soient. Je suis né pour Te servir, T’appartenir, être Ton instrument. Permets-moi d’être un instrument aveugle. Je ne demande pas à voir, je ne demande pas à connaître, mais seulement à être utilisé.  »

« J’ai appris à aimer les autres vocations »

À moi, il m’a été demandé de devenir prêtre. Un appel enraciné sur le témoignage de foi de mes parents, résidants à Saint-Paul-du-Bois. Depuis, en vingt-cinq ans, j’ai appris à aimer les autres vocations. Toute vocation est belle. Je suis admiratif devant cette maman, après une semaine chargée au service de la catéchèse et des enfants, qui va passer son dimanche après-midi à repasser le linge de ses « ados et étudiants » qui vont repartir le soir, sans oublier de leur préparer des repas pour la semaine. Quelle force d’âme à servir l’éducation et apporter le soutien si nécessaire à leur vie. Tout cela avec amour, ce qui ne veut pas dire sans ressentir la fatigue normale d’une fin de semaine. Je découvre de plus en plus la vocation des diacres. Insérés dans des réseaux divers et riches, ils cherchent, avec leurs épouses, à témoigner de Jésus, Serviteur et Sauveur.

« Je suis frappé par la présence de l’Esprit Saint »

Vous recevez une nomination et vous vous dites : « mais je ne connais personne là-bas ! » A votre arrivée, vous constatez que l’Évangile a déjà été annoncé, reçu et vécu. Des chrétiens vous accueillent avec joie. La Mission nous précède car l’Esprit Saint marche en avant de l’Eglise. Toujours !

« Quelle joie d’assister à la fondation de nouvelles entités d’églises »

À la suite de longs et patients contacts, c’est toujours avec une grande joie de voir éclore des initiatives diverses : la naissance d’équipes d’enfants en ACE sur le Chemillois, entre 1993 et 1999 ; d’équipes d’Entrepreneurs dirigeants chrétiens sur le Douessin et le Choletais, d’équipes de jeunes foyers dans le Segréen ; la création d’une fraternité paroissiale, axée sur la transition écologique, dans la paroisse Saint-Pierre-Notre-Dame-de-Cholet. « Le Semeur est sorti pour semer » nous dit la parole de Dieu. Quelle joie enfin de conduire un groupe de 40 enfants visiter le séminaire inter diocésain de Nantes en octobre 2017.

Je rends grâce à Dieu, pour la vie qu’il m’a proposé et pour son appel en 1983.

Jean-Marie Mérieau : Rendre grâce pour 50 ans de sacerdoce

Le Concile Vatican II avait été promulgué ; l’Esprit saint avait soufflé sur l’Eglise : importance de la Parole de Dieu, Eglise ‘Peuple de Dieu’, plus de simplicité, d’ouverture au monde, d’espérance...

P. Jean-Marie Mérieau lors d’une célébration en 2002

Découverte du ministère sacerdotal

Je découvrais donc le ministère sacerdotal : paroisses, mouvements d’Action catholique (adultes, jeunes, enfants). Beaucoup d’années dans le Segréen, cinq années dans une autre région du côté de Beaufort, puis direction les bords de Loire et Maulévrier-Trémentines, avant d’être nommé à l’aumônerie de l’Hôpital et de la Polyclinique de Cholet. Bien sûr, comme pour mes confrères prêtres, l’Esprit saint est là, présent pour éclairer et aider, quelles que soient les situations.
Je suis entré dans l’Association des prêtres du Prado, fondée par le Bienheureux Antoine Chevrier, qui met l’accent sur l’Esprit saint, l’Écriture, l’Église (le diocèse), la vie d’équipe et l’attention aux pauvres. Elle nourrit ma vie de prêtre diocésain et m’amène à rencontrer des prêtres d’autres régions de France. Un enrichissement !

« J’ai vu le monde changer »

Depuis 50 ans, j’ai vu, moi aussi, le monde changer, avec les études, les voyages, la télé, Internet... Et l’Église a changé aussi : moins de pratique religieuse, moins de prêtres et de religieuses et religieux, moins de poids sociologique, la prise de distance par rapport à l’Église et à la Foi... Par ailleurs, l’Église a restauré le Diaconat et confié des responsabilités à des laïcs dans différents domaines.

« Je fais confiance dans l’Espérance »

En prolongement du Synode diocésain, notre Evêque nous appelle à être ‘disciples-missionnaires’ dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui : que nous y trouvions notre place en étant les témoins du Ressuscité. Par-delà les questions et les difficultés, l’Esprit saint conduit l’Eglise et nous demande de préparer l’avenir : pour ma part, je fais confiance dans l’Espérance. Je rends grâces au Seigneur pour toutes ces années de ministère sacerdotal : ‘Dieu est avec nous’ !