Sept témoignages et beaucoup d’espérance à partager !

Les perles du confinement

Aline, Jean-Marie, Yves, Anne-Vé, Gisèle, ... : sept catholiques, engagés différemment dans le diocèse ou en paroisse, portent un regard plein d’espérance sur le confinement qu’ils viennent de vivre. Sept témoignages pour repartir du bon pied !

Gisèle, retraitée à Angers : "dans le silence on entend beaucoup de choses"

"Je vis en appartement à la Roseraie (Angers) depuis trois ans. Pendant le confinement, je ne me suis pas ennuyée au contraire : j’ai habité le temps différemment !
"J’ai découvert mon voisinage à l’occasion des remerciements aux soignants à 20h. J’ai aussi retrouvé de vieux amis au téléphone : des échanges souvent longs pour parler de questions essentielles."

"La prière, un billet quotidien et une retraite à domicile de trois jours proposés par ma paroisse m’ont fait beaucoup de bien. La messe à la radio, le chapelet m’ont aussi aidée à structurer mes journées. Non vraiment, l’Eglise ne nous a pas abandonné".
"Finalement, ce temps de confinement a été comme un désert, mais habité. Dans le désert on entend le silence. Un silence où j’ai pu entendre beaucoup de choses."

Aline Dobrowoslki, LEME en paroisse : la mission auprès des enfants se poursuit !

"J’ai continué de maintenir le lien avec les familles et les catéchistes de la paroisse Saint-Maurice-en-Val-de-Moine. En équipe, nous avons fait des propositions pour tous les enfants partagées par courriel.


La mascotte de l’éveil à la foi, la peluche Maurice, habituée des salles de classe, a trouvé un nouvel emploi : reporter ! En vidéo, elle met en valeur des personnes qui servent la paroisse : les petites mains comme on dit. Une façon de montrer que chacun a sa place en Eglise. A réutiliser avec les enfants quand nous pourrons reprendre ! »

Jean-Marie Watier, diacre à Chemillé : l’importance des liens humains

Diacre confiné, mon agenda a subitement blanchi ! Toutefois j’ai continué à travailler et les échanges familiaux sur WhatsApp [1], parfois très créatifs, ont permis de garder le sourire comme en témoigne cette photo.

Le baptême en respectant la distanciation sociale

J’ai pu méditer les textes, prier et réaliser l’importance des liens : liens paroissiaux grâce aux échanges de nouvelles et à la messe retransmise, échanges avec les futurs mariés. J’ai affiné ma réflexion sur le « monde d’après », où il faudra se recentrer sur l’essentiel : liens humains et relation de l’homme avec son environnement, dans l’esprit de Laudato si.

Le P. Yves Richou, prêtre diocésain : "Confiné, moi ?"

Père Yves Richou

Confiné, moi ? Oui, mais pas tout seul. Avec le confrère qui habite le même presbytère. Ensemble, nous prions et célébrons l’Eucharistie chaque matin. Mais pas de peuple. Sauf qu’on ne peut pas en être séparé, si on veut rencontrer le Seigneur. Il nous y envoie.
Confiné ? Annuler toutes les rencontres prévues ou à animer. Mais passer des heures au téléphone pour les baptêmes ou les mariages à reporter. Avec les intéressés, on se parle beaucoup.
Confiné avec mon curé ? Pour apporter ma part à tout ce qu’il fait pour créer autrement la communion avec notre peuple. Toujours au service.
Confiné ? Très peu d’espace, mais beaucoup de temps. Sans pouvoir prévoir, ni faire. Alors, je marche lentement vers la Source.

Sr Anne-Vé Dauvisis, religieuse : en communion spéciale avec les autres

Rien de tel qu’un confinement pour laver ses carreaux, multiplier les groupes WhatsApp, partager un apéro (non virtuel) dans la rue, rencontrer ses voisins musulmans !

Ce confinement m’a fait aussi découvrir la prière d’Edith Stein : « le monde est en flammes et tu sens l’urgence de les éteindre et tu souffres parce que tu n’es ni aide-soignant, ni médecin, ni infirmière, ni boulangère ! Mais lève les yeux vers le crucifié...liée à lui... ».
Alors, tu pourras te sentir en communion avec une profondeur spéciale avec beaucoup de personnes. Tu pourras profiter du temps que tu as pour approfondir comme jamais certaines questions essentielles sur le sens de la vie, sur la mort, sur la part indispensable de chacun pour une société à échelle humaine etc.

Crédits : Matías Medina

Vincent, séminariste : la redécouverte de la prière familiale

Confiné chez mes parents, une de mes plus grandes joies fut de redécouvrir la prière en famille. Sans elle, je pense que le confinement aurait été difficile à vivre. La prière familiale est une grâce puissante qui permet de surmonter beaucoup d’épreuves. Elle est une expérience ecclésiale par laquelle on se redécouvre et on s’édifie mutuellement.

Vivre ce temps en famille m’a permis d’être à la fois serviteur et évangélisateur, tout en étant témoin de la grâce de Dieu dans les cœurs.

Un grand-père angevin : "en famille, à l’école de l’enfant"

"Une semaine de vacances à la maison pour ma fille, mon gendre et leurs deux enfants (deux ans et quatre mois), puis le confinement qui tombe.


Très vite, je réalise ce qu’est vivre l’instant présent avec l’aîné quand il s’émerveille de si peu : un bouton de fleur de lavande, une partie de cache-cache derrière les arbustes du jardin, un escargot qui profite de la pluie de la nuit pour migrer. Il s’assoie sur ses talons, le regarde, lui parle et se tourne vers l’adulte pour se rassurer quand, en le touchant, la petite bête se renferme dans sa coquille.

Avec le confinement, j’ai eu la chance de rire, de jouer avec un enfant, de l’écouter, de le voir foncer à la rencontre du monde qui l’entoure. Là, maintenant."
G. R.

[1service de messagerie instantanée