Servantes des Pauvres : « L’amour, moteur de notre vie »

Installées depuis plus de 150 ans à Angers, les Servantes des Pauvres accompagnent des personnes âgées jusqu’au terme de leur vie. Sœur Marie-Clémence nous propose une méditation sur la spiritualité de sa congrégation et nous rappelle que amour de Dieu et amour des pauvres sont indissociables.

« C’est ta Face, Seigneur, que je cherche »… « Mon âme a soif de Toi … elle brûle du désir d’être unie pour toujours à Toi. »

Voici la prière que chaque consacré peut faire sienne, depuis le jour où dans le secret, il a perçu « cet appel de Dieu que rien n’explique sinon l’amour qu’Il porte à la personne qu’Il aime, cet amour absolument gratuit, personnel et unique qui embrasse la personne au point qu’elle ne s’appartient plus à elle-même mais appartient au Christ » (Directives pour la Formation dans les Instituts Religieux. N° 8), depuis ce jour où Dieu a fait alliance avec elle, la consacrant à Lui pour toujours. Par les vertus théologales, c’est le Ciel anticipé sur la terre que nous sommes appelés à signifier.

Être disponible à la volonté de Dieu

Ainsi la Foi : ce regard intérieur qui, à force d’être répété devient habituel, et qui donne de percevoir la présence du Seigneur en tout et en tous pour l’honorer et le servir ici et maintenant. Que ce soit aux pieds de l’autel où, comme l’a écrit Dom Camille LEDUC, fondateur des Servantes des Pauvres, « Notre Seigneur se cache sous les voiles eucharistiques », que ce soit à l’accueil où « Il se voile sous les haillons du mendiant », « pour l’âme fidèle, c’est toujours le même Seigneur. »
Un seul et même Amour est le moteur de notre vie, un seul et même Amour nous pousse au service de Dieu et des plus Pauvres.


Cette unité de vie recherchée est au cœur de la Règle de saint Benoît : Son école évangélique adopte en effet une méthode pédagogique qui, se centrant sur le Christ, apprend à vivre sous son regard dans l’obéissance : le religieux ainsi sensibilisé à la volonté de Dieu peut être toujours disponible et prêt à l’accomplir. La Règle de saint Benoît fait du monastère une bonne terre où la semence de la vocation religieuse peut prendre racine pour devenir un arbre fort et vigoureux : son tronc, l’obéissance, alimenté par la sève de l’humilité et protégé par l’écorce du silence, fait de l’âme un sanctuaire où Dieu réside.

Au service de Dieu et du prochain

Un seul et même amour au service de Dieu et du prochain : de ce double précepte de la charité - comme deux branches maîtresses, - découle tout le reste. D’une part, la branche de l’Amour de Dieu, avec ses caractéristiques de totale consécration à Dieu dans la forme de vie du Christ chaste, pauvre et obéissant, dans l’écoute attentive de sa Parole, la pratique assidue de la lectio divina, la prière liturgique et personnelle qui « rafraîchit l’âme, touche le cœur et soutient la volonté » (Dom Camille LEDUC), le regard de foi posé d’emblée sur les réalités humaines et terrestres. D’autre part, le même arbre produit la branche d’une exquise charité fraternelle : dans un esprit de famille qui marque la vie commune bénédictine et qui s’ouvre à la plus délicate amitié entre ses membres qui, ensemble, cherchent Dieu et servent leurs frères, dans la prière d’intercession, dans la gratuité de la miséricorde dans notre service auprès des plus pauvres.

Se confier à Marie

Ce don de la vocation devient présence du Seigneur en tout et en tous et mission d’Église qui nous envoie auprès des plus pauvres et des malades. Notre-Dame, à qui nous nous confions filialement chaque jour par la récitation du chapelet, est « notre modèle privilégié. Après l’Annonciation et son chant de louange qu’est le Magnificat, elle se met au service de sa cousine Élisabeth, gardant en elle le Verbe fait chair. Ainsi, la Servante des Pauvres, nourrie du Corps et du Sang du Christ et remplie du Saint Esprit, sert les malades Pauvres à travers d’humbles soins, porte Jésus qui demeure en elle, l’annonce, porte la joie de Jésus à ceux qu’elle va rencontrer. »


C’est donc Marie, dans le secret de notre cœur, qui nous éduque à prendre Jésus Bon Pasteur comme « modèle de nos soins » et Jésus souffrant comme « objet de nos soins ». Ce service contemplatif nous rappelle la sollicitude que nous devons avoir pour conduire nos frères à Dieu, en ouvrant la porte au prêtre, à L’Église, au salut qu’elle apporte, et ceci, jusqu’au moment de la Rencontre, « passage du temps à l’éternité » pour que grandisse le Royaume de Dieu.

Qui sont les Servantes des Pauvres ?

« J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36). C’est inspiré par cette phrase d’évangile que dom Camille Leduc, moine de Solesmes, fonde en 1872 la congrégation des Servantes des Pauvres. Rattachées à l’ordre bénédictin, les religieuses se vouent au service exclusif des pauvres, à domicile, et dans une complète gratuité. La maison-mère de la congrégation s’installe à Angers où elle se trouve toujours. Les 45 sœurs installées rue Parmentier poursuivent leur œuvre de service auprès des pauvres et des malades. Elles visitent une cinquantaine de personnes.


Elles animent également un patronage, les mercredis après-midis, pendant les petites vacances et en juillet, accueillant entre 30 et 100 enfants. Une façon d’apporter aux familles une aide dans l’éducation humaine et chrétienne.
Elles proposent enfin régulièrement des sessions de discernement aux étudiantes et aux jeunes professionnelles.
La Congrégation compte 100 religieuses réparties en France à Solesmes, Paris, Brest, Denain et Meyzieu ; en Belgique à Jemappes ; au Sénégal à Keur Moussa et au Congo Kinshasa à Kalémie.

Plus D’informations
Contact : Servantes des Pauvres - Oblates Régulières de l’Ordre de Saint Benoît
Adresse : 49 bis rue Parmentier, 49 000 Angers