Solidarité : comment se faire proche des plus pauvres ?

"Un pauvre crie, le Seigneur entend" (Ps 33, 7)

"Un pauvre crie, le Seigneur entend" (Ps 33, 7) : c’est à partir de ce verset que le Pape François a souhaité éveiller les cœurs en cette 2ème journée mondiale des pauvres du 18 novembre dernier. A travers son message, le Saint Père nous invite à comprendre qui sont les véritables pauvres et comment pouvons-nous les entendre et répondre à leurs besoins. Mais concrètement, comment agir ?
Eléments de réponse avec Anne-Claire Nkol Bayanag, déléguée départementale du Secours Catholique de Maine-et-Loire.

Dans l’accueil de la pauvreté, il y a la théorie et la pratique. En théorie, chacun est amené à se pencher vers le plus pauvre, lui tendre la main, lui ouvrir sa porte…. Une attitude du cœur certes, à laquelle beaucoup aspirent, mais pas toujours facile à incarner de manière concrète dans nos quotidiens. Car il faut parfois l’avouer, du côté de la pratique, nous sommes souvent démunis face à une personne de la rue par exemple.
" Pour ma part, j’essaie en premier lieu de sourire, de considérer la personne comme elle est. Un simple « bonjour », mais aussi s’agenouiller pour se mettre à son niveau et puis engager la conversation de manière simple, en prenant des nouvelles par exemple " raconte Anne-Claire Nkol Bayanag. " Et si cela parait parfois trop difficile, ne pas hésiter à se rapprocher d’associations qui organisent des tournées, des maraudes, des ateliers et agir à leurs côtés. "

« Osez la rencontre »

Les personnes qui œuvrent aux côtés des plus pauvres s’accordent à dire que d’aller à la rencontre des plus démunis permet de s’enrichir, de grandir mutuellement et de sortir de sa zone de confort.
Régulièrement, le Secours Catholique implique les gens en précarité dans leurs décisions, à travers des consultations, comme lors de leurs assises en 2017. " Leurs voix comptent ! c’est essentiel de leur donner la parole pour qu’ils puissent s’exprimer mais aussi nous apporter leur regard sur leur condition et sur le monde. Nous partons de l’idée que nous sommes tous acteurs dans l’aide aux plus faibles " affirme la déléguée de Secours Catholique.


L’habit ne fait pas le moine !

L’Anjou a vécu plusieurs vagues migratoires ces dernières années. De nombreuses initiatives, laïques et religieuses se sont créées ici et là, malgré les tensions qui pouvaient naître.
" Les migrants sont montrés du doigt comme ceux qui viennent nous envahir et piquer notre travail. Or, en y regardant de plus près, la plupart sont comme vous et moi. Diplômés, ayant un métier, une famille, un réseau. Sauf qu’ils ont dû fuir. Ils se retrouvent là, dans la rue, tout à reconstruire " ajoute Anne-Claire. " La question se pose de savoir comment nous les accompagnons dans cette reconstruction ! "
A travers ces témoignages nous comprenons qu’il est dès lors possible de transformer la pauvreté en richesse humaine.

" Pour ma part, je me dis toujours qu’une personne qui mendie n’est pas là pour le plaisir. Même si on entend parfois parler de réseaux organisés de mendicité ou autre, ce n’est pas une raison pour ne pas les saluer. Eux aussi ont droit à notre reconnaissance " raconte Cécile, citadine et mère de famille.

Il est certain que ce n’est pas forcément par choix que des personnes se trouvent démunies. En les respectant, elles gagnent en dignité, en humanité. Les considérer n’est-il pas le rôle de tous et des chrétiens en particulier ?

Le Pape François nous rappelle enfin que " Beaucoup de pauvres sont aujourd’hui au bord de la route et cherchent un sens à leur condition. Combien s’interrogent sur les raisons de leur descente dans un tel abîme, et sur la manière d’en sortir ! Ils attendent que quelqu’un s’approche d’eux et leur dise : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »." Cet élan du cœur peut particulièrement s’incarner en cette période de l’avent qui arrive.

Pour aller plus loin :

  • A lire, l’intégralité du message du Pape pour la journée du 18 novembre dernier
  • Une association internationale, Fratello, propose chaque année des actions à mener en paroisse pour vivre cette journée mondiale des pauvres.