Vivre le carême en pays musulman : des missionnaires témoignent

Dialogue

Soeur Thérèse Gabillard et père Joseh Clochard sont missionnaires en Afrique de l’Ouest. Le père Piero Masolo, prêtre italien qui connaît bien l’Anjou, vit en Algérie. Dans ces pays à forte majorité musulmane, le temps du carême a commencé. Là-bas, les catholiques sont minoritaires et vivent avec beaucoup de ferveur ce chemin de conversion vers la joie de Pâques, malgré les difficultés.

Sénégal, Burkina Faso : ferveur et piété

Comme le dit Sr Thérèse, responsable de la communauté locale des Sœurs missionnaires de l’Evangile au Sénégal : « Dès le mercredi des Cendres, premier jour du carême, les Eglises sont prises d’assaut lors des messes du matin, de 13h et du soir. Beaucoup de chrétiens jeûnent ce jour-là, ainsi que chaque vendredi de carême. Un jeûne un peu calqué sur celui du ramadan : les fidèles se privent de manger et même de boire jusqu’à 19h, où ils ‘rompent le jeune’ un peu comme les musulmans, mais dans un esprit de sacrifice uni au Christ sauveur.
Par ailleurs, les fidèles sont assidus à vivre toutes les propositions spirituelles, en particulier le chemin de Croix le vendredi. Le sacrement de réconciliation est vécu avec intensité dans un grand souci de conversion personnelle et communautaire.

Chemin de croix au Sénégal

Cette ferveur est la même au Burkina Faso, où « toutes les religieuses des environs sont sollicitées pour donner les cendres à la foule le mercredi des cendres, même aux enfants et aux nourrissons. Quand les gens ne peuvent pas se déplacer des voisins les leurs apportent », raconte le père Joseph Clochard, curé de paroisse. Une piété qu’on retrouve les dimanches qui ponctuent le carême : le premier dimanche a rassemblé pas moins d’1.500.000 fidèles pour le seul diocèse de Ouagadougou.

De nombreux jeunes très impliqués

Le premier samedi de carême, une marche est organisée de 20h à 5h du matin pour tous les jeunes du doyenné : chants, prières, textes bibliques médités, rythment leur marche à travers les rues et les quartiers, encadrés par les force de police. La marche s’achève avec une Eucharistie vécue avec une grande piété.

Pendant le carême : être plus proche des pauvres

Au Sénégal, la solidarité avec les pauvres se vit avec plus d’intensité également : chaque vendredi, les fidèles sont invités à déposer leurs dons en nature ou en argent dans la « marmite de Carême » ; parfois on s’organise pour aller la porter à une église ou à une « communauté sœur » du monde rural, plus pauvre.
Par le biais de mouvements d’Eglise, les enfants vivent aussi un partage avec d’autres enfants plus défavorisés : l’an dernier, les jeunes de la paroisse sont allés porter le fruit de leurs privations aux enfants d’une pouponnière à Nianing, à l’intérieur du pays. »
Au Burkina, cette solidarité de carême a permis d’auto-financer cinq chantiers initiés pas l’archidiocèse de Ouagadougou.

En Algérie, le dialogue permet de concilier carême et ramadan

En Algérie, le calendrier place la fin de semaine vendredi et samedi, avec le vendredi comme jour de fête (l’équivalent de notre dimanche), il n’est donc pas facile d’observer le jeune ce jour-là.

Le père Piero Masolo, prêtre à Alger, décrit les astuces des catholiques pour s’adapter : « pour donner la possibilité à tout le monde de participer à la « messe dominicale », on l’anticipe à vendredi matin car chez nous, c’est ce jour-là qui est férié. Après la messe, avec tous les étudiants subsahariens, nous partons à l’aumônerie pour manger ensemble et échanger sur la Parole de Dieu, regarder un film, jouer ou réfléchir à travers un atelier. En Algérie comme ailleurs, le carême commence avec le rite des cendres. Mais, comme le pays est à 99 % musulman, on peut dire qu’on célèbre deux carêmes par an car en plus du carême catholique, nous vivons aussi le ramadan, qui débutera cette année au mois de mai, pour 28 jours. »
Pendant le ramadan, manger ou boire en public est vu comme une provocation, donc les chrétiens ont deux possibilités : soit ne manger qu’à la maison dans l’intimité ; soit observer le jeûne, comme tous les musulmans. « Mais c’est difficile et cela demande une grande adaptation. Nous ne devons pas perdre l’esprit qui nous anime, poursuit le père Piero. Chacun fait son choix, mais souvent on préfère la deuxième attitude : ça devient un deuxième carême, vécu en dialogue avec nos frères et sœurs, tout simplement. »

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