Vivre notre vie chrétienne en ce temps

Message de Mgr Delmas

Mgr Delmas nous donne des pistes très concrètes pour vivre au mieux cette période post-confinement qui nous éprouve dans notre foi, nos relations aux autres et à nous-mêmes. L’évêque d’Angers nous invite à "à ouvrir des chemins pour que notre foi en Dieu se fortifie et que notre responsabilité missionnaire s’affermisse."

"Ces jours de confinement représentent une épreuve pour tout le monde. De nombreux témoignages expriment bien combien les chrétiens vivent douloureusement l’impossibilité de se retrouver chaque dimanche pour célébrer la messe, communier.

Plus largement, ils disent aussi leur souffrance du fait que l’accès aux sacrements est devenu difficile. D’où cette question : comment faire pour tenir dans la durée et dans l’espérance en ce moment si particulier ?

Toujours nourrir sa foi

Avant d’apporter des éléments de réponse, il est important de comprendre la justesse de ce qui est demandé à tout un chacun pour faire face à cette crise sanitaire.

L’impossibilité de se rassembler, pour ne prendre que cet exemple, vient de ce qu’il faut ôter toutes les occasions pour le virus de se transmettre à d’autres personnes. Les gestes barrières se justifient pour les mêmes raisons...

Cependant, être empêchés, pour un temps, de se rassembler le dimanche pour célébrer la messe et communier ne nous dispense pas de célébrer le dimanche qui est le jour du Seigneur, de vivre une véritable communion avec le Christ et nos frères, de nourrir notre foi et de grandir dans notre vie avec Dieu et avec l’Église.

Non seulement nous n’en sommes pas empêchés mais nous devons emprunter de nouveaux chemins et choisir les moyens par lesquels nous pouvons concrétiser ces exigences. La fidélité nous appelle à être créatifs pour que le don de Dieu éclaire et transforme nos vies.

Les moyens vidéo ne sont pas les seuls à nous apporter une aide. Il y a aussi l’écrit, ou RCF Anjou grâce auxquels il est possible aux pasteurs de parler à leurs fidèles, c’est-à-dire de leur indiquer des chemins accessibles, adaptés pour que le Seigneur soit célébré comme il se doit.

Dieu nous rejoint par d’autres chemins

N’oublions pas cela : notre Dieu est tout à fait capable de nous rejoindre par d’autres chemins que les chemins ordinaires : en la circonstance les sacrements, momentanément empêchés.

Cela ne veut pas dire que ceux-ci ne soient pas essentiels, plus encore nécessaires. Mais lorsque les circonstances ne sont pas là, nous devons faire en sorte de ne pas nous durcir, car le danger est grand de perdre les occasions qui nous sont données d’emprunter d’autres voies pour accueillir le Seigneur.

J’indique ici quelques chemins concrets sachant bien sûr qu’ils ne répondent pas à tout. Que pouvons-nous faire pour nourrir notre foi en Dieu dans le moment présent ?

Lire et prier


Nous sommes invités à approfondir la force de la Parole de Dieu, son dynamisme de vie. Nous le savons bien : il est important de lire, de prier avec l’Évangile, la bible en général. Nous pouvons sans doute y consacrer plus de temps qu’à l’habitude, plus d’attention également.

Nous pouvons lire la bible à la lumière de l’enseignement de l’Église, de la Tradition. Pour ne prendre qu’un exemple, pourquoi ne pas ouvrir le catéchisme de l’Église catholique qui est nourri de citations de l’Écriture Sainte et de citations des Pères de l’Église.

Nous ne pouvons recevoir la communion à la messe mais nous pouvons prendre du temps devant le Saint Sacrement en allant à l’église. Nous expérimentons ainsi la force de l’adoration eucharistique qui prolonge et accomplit la transformation que le Seigneur réalise en nous dans la communion à l’autel.

Retransmission des messes : préparer son coeur

Nous ne pouvons pas participer à la messe comme à l’habitude mais nous pouvons sanctifier le dimanche : le jour du Seigneur. L’une des dimensions de cette sanctification est de participer à la messe en nous associant à la messe télévisée.

Pour ce faire, nous pouvons prendre soin de notre façon d’y prendre part, par exemple nous préparer en lisant les textes à l’avance et choisir des attitudes qui expriment une véritable participation.

Angélus, bénédicité

Nous pouvons aussi faire l’expérience de liturgies familiales telles que la prière au début du repas, le Bénédicité. De même, nous pouvons dire la prière de l’Angélus qui rythme nos journées grâce à la cloche de nos églises.

Cette prière est un petit résumé du mystère chrétien que nous pouvons célébrer en famille. Tout cela est modeste bien sûr mais ce sont de tels gestes qui sont à même de changer bien des choses dans notre vie chrétienne.

Se préparer au pardon

Nous n’avons pas pu recevoir le pardon de Dieu dans le sacrement de la réconciliation à l’approche de Pâques. Mais rien ne nous interdit de faire un examen de conscience pour demander la contrition de nos péchés et prendre la ferme résolution de rencontrer un prêtre quand les circonstances le permettront de nouveau.

Une aide nous a d’ailleurs été donnée pour vivre cette célébration pénitentielle par le service de la liturgie à l’approche de la semaine sainte et elle est toujours accessible sur le site du diocèse, à cette adresse : Célébrer le pardon que Dieu nous donne depuis chez soi

Le défi de la vie fraternelle

Un autre chemin pour accueillir le Seigneur et grandir dans la foi en Dieu consiste dans le service fraternel. Ce moment que nous vivons est un moment privilégié pour ouvrir nos yeux et notre cœur sur ceux qui attendent un geste d’attention, de partage, un geste de miséricorde. Ce chemin-là, vous êtes nombreux à le vivre et vous pouvez en rendre grâce.

Dans ce domaine si important de la vie fraternelle, je pense à la situation très douloureuse que vivent nos malades et personnes très âgées dans nos hôpitaux, dans nos maisons de retraite ou même à domicile.

Cette situation est un défi pour notre humanité. Comment faire pour que personne ne demeure seul à l’approche de la fin de sa vie ?

Ici plus qu’ailleurs, il s’agit d’ouvrir des chemins pour que ce moment si important qu’est la mort soit accompagné. La mission de l’Église est bien sûr essentielle. Et elle doit tout mettre en oeuvre pour que cet accompagnement puisse se réaliser, en respectant là encore les règles sanitaires.

Ce ne sont que quelques exemples, j’en suis conscient. À chacun de compléter, de concrétiser là où il est.

Je souligne tout de même une conviction : il ne faut pas passer à côté de ce moment de la vie de notre Église. Nous ne l’avons pas choisi, nous ne l’avions pas prévu. Les circonstances actuelles nous invitent à ouvrir des chemins pour que notre foi en Dieu se fortifie, pour que notre responsabilité missionnaire s’affermisse."

+ Mgr Emmanuel Delmas
Évêque d’Angers

Message extrait de l’Eglise d’Anjou du mois de mai 2020 à retrouver ici