Voeux de Sr Andréa Tillmanns : "La vie consacrée est peut-être une folie, mais je veux la vivre"

Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur


Sœur Andrea Tillmanns a prononcé ses voeux définitifs le 10 mars dernier à la Maison Mère des Soeurs de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur à Angers. Mgr Delmas a présidé cette célébration. L’occasion de faire connaissance avec Sr Andrea et de mieux connaître son parcours...

Sœur Andrea Tillmanns a tout d’abord étudié les sciences sociales et la communication. Après une dizaine d’années dans l’administration public et les médias, elle entre en 2010 dans la congrégation de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur.

"La vie consacrée est peut-être une folie, mais je veux la vivre"


Votre famille et vos amis, comment ont-ils réagi quand vous avez expliqué votre décision d’entrer dans la vie religieuse ?

Dans ma famille, personne n’est prêtre ou religieux. Quand j’ai parlé à mon frère, sa réponse était claire : « C’est fou, une chose perdue, passée ! » Jusqu’à aujourd’hui, il n’a pas vraiment accepté ma décision, la grande majorité de mes amis et mes collègues de travail ne l’ont pas compris. En réalité, ils étaient inquiets, ils m’ont vu dans une secte, enfermée et manipulée. Mais leurs jugements sont influencés par un manque de connaissance et des stéréotypes.

Ces réactions étaient fortes, avez-vous commencé à douter ?

Je suis très reconnaissante envers mes parents, déjà morts avant mon entrée. Ils m’ont transmis la foi en Dieu, qui nous a créé à son image, qui veut notre bonheur, qui pardonne et qui nous aime infiniment. En dehors de cela, ma mère m’a toujours encouragée à chercher mes propres chemins, à écouter mon cœur et avoir confiance en la vie. Ces bases m’ont permis d’avancer dans une grande liberté et sécurité intérieure. Non, je n’ai pas hésité. Je me disais : « La vie consacrée est peut-être une folie, mais je veux la vivre. »


Comment avez-vous concrètement trouvé votre vocation ? Pourquoi avez-vous choisi la congrégation de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur ?

Le décès de ma mère m’a amenée à une vraie quête spirituelle, une recherche de profondeur. Quoi faire avec le reste de ma vie ? Dieu attend quoi de moi ? J’ai prié, écouté, cherché le silence, rencontré des religieuses et progressivement l’appel s’est fait entendre.

En même temps, il y avait un désir profond de montrer un visage de l’Eglise plus féminin. J’ai voulu être un témoin de l’amour de Christ dans notre monde déchiré par la violence et l’injustice qui touchent assez souvent des femmes et leurs enfants. J’ai voulu vivre une solidarité radicale avec eux et aider à améliorer leur situation.


Pendant mes recherches, j’ai connu la congrégation. Vite, je me suis sentie à la bonne place. Depuis des années, j’accompagne maintenant des femmes prostituées, souvent victimes de la traite des êtres humains. Nous leur proposons une écoute, un regard sans jugement et une relation de personne à personne qui peut être le commencement d’un suivi social pour que des femmes puissent bâtir une vie en dehors de la prostitution.

Pour moi, l’annonce de l’Évangile implique la dénonciation de toutes violations de la dignité humaine. « En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous le faites à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi, que vous le faites ! » (Mt 25)

Sr Patricia Diet (provinciale Europe) et Sr Andrea Tillmanns
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