Volontaire à l’île Maurice, Ambroise a redécouvert la Semaine sainte pendant le confinement


Originaire de l’Anjou, Ambroise Bergier a 25 ans. Envoyé en mission par la Délégation catholique pour la coopération (DCC), il est arrivé l’été dernier au Foyer de Charité de l’île Maurice. Confinement oblige, au foyer aussi les fêtes pascales ont été célébrées autrement, et la Semaine sainte s’est vécue exceptionnellement sans retraitant. Six jours qui ont permis à Ambroise de redécouvrir le chemin vers Pâques qu’il décrit comme un passage « de la nuit à la lumière ».

Un décor de rêve : cannes à sucre, cocotiers et bord de mer… le Foyer de Charité de l’île Maurice se situe dans le district de Souillac, au sud de cette île voisine de La Réunion, dans l’océan indien.

Depuis le 17 mars, date du confinement, il n’y a plus grand monde au Foyer. Seuls les huit membres sont présents. La dernière retraite, en février, avait accueilli 300 personnes. Et juste avant la mise en quarantaine avait eu lieu une récollection en interne, à laquelle Ambroise, archiviste de formation, avait participé.

Plage du Cap-Lafayette, à l’île Maurice (photo Ambroise Bergier)

Répartis dans le monde entier, les Foyers de Charité ont été créés en 1936 par Marthe Robin et sont composés de laïcs. Leur vocation, par la prédication de retraites ouvertes à tous, est de faire redécouvrir aux chrétiens leur fécondité de baptisés.

De la foule des retraitants… au désert du confinement

Mardi 17 mars, le confinement entre donc en vigueur. Bibliothèque, potager : au Foyer de Souillac, Ambroise a dû trouver d’autres occupations que sa mission principale auprès de l’association locale Caritas. Le confinement a été imposé en plein carême, ce temps liturgique donné par Dieu avant la joie de Pâques.


Ambroise Bergier, volontaire DCC

Et la Semaine sainte a été pour le jeune volontaire une révélation : un « moment fort vécu de l’intérieur dans son cheminement à Dieu  ». Pour lui, cette semaine précédant Pâques « est sainte car elle met en lumière le chemin exemplaire transmis par les Evangiles, que le chrétien est libre d’emprunter ou non dans sa vie personnelle ». Un chemin qui « montre quelle attitude adopter en tant que croyant, à travers le parcours des derniers instants de Jésus » confie-t-il.
Concrètement dans la communauté, ces six jours saints signifient habituellement une préparation active des cérémonies pour accompagner au mieux les retraitants.

Pendant la Semaine sainte, « faire silence pour trouver la paix de Dieu »

Or cette année, les célébrations ont dû être vécues dans l’intimité. Ambroise a été chargé de divers service (lectures, choix des chants) le mardi saint ainsi que la veillée pascale : « Elle a commencé à 19h, il faisait nuit, idéal pour la liturgie où la prière commence autour d’un feu de bois, et où la procession d’entrée dans l’église se déroule dans le noir.

C’était fabuleux de vivre ce temps calme de la Semaine sainte (…) : cela permet de faire silence pour trouver la paix de Dieu, se disposer à changer de regard sur soi, les autres et la vie », écrit le jeune homme qui a dû faire face, quelques jours auparavant, au décès d’un membre de foyer. « Cette maladie ne mène point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu (St Jean) ».

Un chemin vécu en profondeur qui a permis à Ambroise de savourer pleinement la joie de
Pâques. La mission du jeune angevin avec la DCC s’achèvera normalement cet été.


Présente dans 50 pays, la Délégation catholique pour la coopération (DCC) est l’organisme d’envoi de la Conférence des évêques de France ; elle accompagne chaque année près de 500 volontaires à travers le monde pour des missions de solidarité.