8 janvier 2026
Saint Lucien de Beauvais
Prêtre maronite catholique à Angers, le père Joseph Touma a participé au voyage du pape Léon XIV au Liban, du 30 novembre au 2 décembre. Témoignage.
« Cette visite est historique. Le Saint-Père est le 4e pape à se rendre au Liban, qui est une terre de sainteté, d’amour et de paix malgré tous les conflits qui ont ravagé son sol. C’est une nation accablée par la division, le deuil et la crise économique. Je suis heureux que pour sa première visite apostolique, il ait choisi le Liban, dans la continuité du pape François qui avait toujours voulu s’y rendre mais n’avait pas pu à cause de la guerre.
Le Saint-Père a rappelé l’importance du rôle des chrétiens au Moyen-Orient et plus particulièrement des maronites au Liban.
Il a ravivé la foi de notre cœur malgré les souffrances et les crises endurées par le peuple libanais.
J’ai été profondément touché par l’immensité de la foule, qui comprenait des Syriens, des Irakiens, la diaspora libanaise… De nombreux Libanais étaient descendus dans la rue, quittant leur travail et leurs activités pour l’accueillir. Le pape en a été très ému.
J’ai vécu une expérience véritablement merveilleuse, notamment le mardi matin lors de la visite du sanctuaire de Saint-Charbel, qui se situe tout près de là où habite ma famille ! Malgré le temps pluvieux, les gens étaient arrivés très tôt pour recevoir la bénédiction papale.
Il a insufflé un nouvel élan à la foi, ouvert de nouvelles perspectives et une vision inédite pour le Liban à la fois comme patrie, et comme mission pour son peuple qui aspire à la paix.
Le pape a aussi parlé aux jeunes de l’importance et du courage de rester au Liban, si possible en tant que témoin de lumière et non de souffrance. Et de partir si nécessaire… en ambassadeur d’espérance et non en fugitif. J’ai appris à chérir l’attachement à sa patrie.
Dans ses homélies, le pape a souligné plusieurs fois l’importance de la paix et la vertu d’espérance.
« Le pape nous a promis que l’Église n’abandonnerait pas le Liban »
Lors de la messe au port de Beyrouth le 2 décembre, environ 150000 fidèles étaient présents, parmi lesquels quelques musulmans, des personnalités politiques… Mais aussi des victimes (explosion du 4 août 2020 ndlr). Il s’est incliné devant un garçon qui avait perdu son papa.
Cette visite m’a donné le courage et l’enthousiasme pour vivre en paix intérieure. Moi-même, et avec les autres personnes. C’est le plus grand signe de l’unité du peuple libanais, rassemblé par la parole de Dieu autour du chef de l’Église catholique. Cet exemple nous enseigne la véritable solidarité, gage de réussite dans la vie pour le bien d’autrui et le bien commun. J’ai beaucoup appris de ces paroles au sujet de la force de la foi en Christ et la confiance en lui, jusqu’à notre dernier souffle.
Sa Sainteté nous a promis que l’Église n’abandonnerait pas le Liban, pays qui est mentionné plus de 70 fois dans la Bible. À son retour à Rome, le pape qui s’est montré souvent très ému au cours de son voyage, a déclaré : « Je suis allé au Liban et je peux dire que ce peuple a fortifié ma foi ».
« Le pape m’a donné foi, courage et force. »