31 mars 2026
Saint Benjamin de Perse
Ressusciter : un truc impossible à croire ? A quelques jours de Pâques, Isabelle Parmentier théologienne à Angers, nous partage sa réflexion sur cette question.
« Ce matin-là, quelques femmes audacieuses ont couru au tombeau pour honorer le corps de Jésus, qu’elles ont tant aimé. Arrivées sur le lieu, stupeur ! Elles voient la pierre roulée, la tombe ouverte et vide. « Il n’est plus ici, il est ressuscité », entendent-elles. Revenues, elles témoignent, mais aucun des disciples
ne les prend au sérieux. « Radotage de femmes ! »
Le soir même, Thomas ne croira pas non plus ses compagnons à qui, pourtant, Jésus s’est fait voir. On ne croit pas par procuration. Plus tard, dans sa rage meurtrière, Paul voudra arrêter ceux qui affirment que Jésus est revenu de la mort, mais sur le chemin de Damas, une lumière venue du ciel pulvérise ses certitudes. En résumé, personne ne croit spontanément à la résurrection. On n’entre dans le mystère qu’en tremblant, par l’expérience d’une rencontre. Certains voudraient réduire la chose à une belle image : la résurrection serait comme le printemps après l’hiver, le jour après la nuit. Cela est en partie vrai. La joie, la paix, la guérison sont aussi des signes annonciateurs de résurrection.
La Résurrection n’est pas quelque chose… c’est quelqu’un
Ces expériences nourrissent l’espérance, mais la foi prend sa source ailleurs, dans l’événement inespéré, unique, qui s’est passé un jour, dans l’histoire, une fois pour toutes. La Résurrection n’est pas quelque
chose… c’est quelqu’un : lui, Jésus, que plusieurs ont revu debout trois jours après sa mort. Avec eux, nous croyons qu’à l’heure de la mort, c’est encore lui qui nous relèvera et nous conduira jusqu’à son Père. Il n’y a pas de mort en Dieu. Le Créateur, qui nous a suscités, saura nous « re-susciter. » Croire sur parole les
premiers témoins, ce n’est pas être crédule, c’est se fier à leur témoignage parce qu’eux se sont fiés à Jésus. La foi est toujours un doute surmonté »
Isabelle Parmentier
(Sources : Les journaux paroissiaux missionnaires – n° de mars 2026, page 12)
Illustration : L’Incrédulité de saint Thomas, Le Caravage