5 avril 2026
Sainte Irène
J’ai participé en janvier à un pèlerinage en Terre Sainte avec l’association nationale des directeurs de pèlerinages et les agences partenaires. Nous avons pu nous rendre à Nazareth puis à Bethléem, à Jérusalem et sur les bords du Jourdain le jour de la fête du baptême du Seigneur. La situation était calme en Israël même si nous ne sommes pas allés dans les régions plus difficiles d’accès.
Nous avons eu une belle rencontre avec trois étudiantes de l’Université de Bethléem, souriantes et pleines d’espérance même si l’avenir pour les jeunes en Israël reste complexe. Cela a été l’occasion pour moi de leur proposer de poursuivre leurs études en France et à Angers. La présence des checkpoint rend complexe la venue des étudiants palestiniens à Bethléem, souvent on ne les laisse pas entrer. Le mur de séparation est vraiment impressionnant entre les villages et les populations israéliennes et palestiniennes bien que nous étions loin de la bande de Gaza. L’orphelinat de Bethléem, tenu par les sœurs de St Vincent de Paul, accueille les enfants abandonnés à cause de la pauvreté humaine et par manque de ressources.
Nous avons aussi rencontrés le Custode de Terre Sainte, le gardien franciscain qui gère toute la région (Israël, Jordanie, Syrie, Chypre), pour la présence des franciscains et pour aider les chrétiens là où ils sont encore. En Israël, il reste 1% de chrétiens mais pour combien de temps ? L’arrêt quasi-total des pèlerinages et du tourisme à réduit à néant les ressources des palestiniens principalement. A ce sujet, il faut prendre conscience de la quête du Vendredi Saint qui est nécessaire pour les chrétiens. Cette quête est aujourd’hui un moyen de survie, elle ne sert pas seulement aux lieux saints comme bâtiments mais surtout aux pierres vivantes qui résident sur place. D’ailleurs les franciscains s’arrangent pour acheter des appartements à Jérusalem pour que des chrétiens puissent encore être présents dans la ville. Les dons des fidèles le Vendredi Saint sont donc nécessaires à la présence des chrétiens dans tous les lieux saints pour qu’ils puissent vivre et accueillir les pèlerins dès que cela sera possible.
Le pèlerinage fait partie intégrante de la foi chrétienne depuis Abraham. Le Seigneur parle en ces lieux où il a pris chair, où il a annoncé le Royaume, soulagé des malades et les pécheurs, où il a vécu sa Passion, sa mort et la Résurrection. Le pèlerinage est toujours une rencontre avec Dieu, une rencontre qui bouscule, un moyen de conversion mais aussi une rencontre, un partage avec d’autres personnes chrétiennes ou non, une rencontre des cultures et des religions pour construire la paix et l’amitié entre les peuples.
P. Denis Richard