18 avril 2026
Saint Parfait de Cordoue
Dimanche 29 mars, le patriarche latin de Terre Sainte était empêché par la police israélienne de célébrer la messe des Rameaux. Alors que l’actualité au Moyen-Orient suscite l’inquiétude, nous sommes allés à la rencontre de Joseph Antonios, Libanais, qui vit en Anjou.
Père de famille chrétien, Joseph Antonios est marié à une Française et vit en Anjou depuis 12 ans et demi.
Il est né pendant la guerre de 1975 à 1990. « Je m’intéresse beaucoup à la politique, et de mon point de vue je n’ai jamais compris pourquoi on a vécu cette guerre, pourquoi, comment elle s’est finie. J’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de vrai dialogue national après la guerre. Ni de pardon, ni de demande de pardon, et il faut que cela soit revu aujourd’hui », confie l’ancien journaliste qui enseigne aujourd’hui l’arabe au lycée St-Benoît d’Angers et est traducteur pour la Cour d’appel.
Joseph Antonios est retourné au Liban à la Toussaint pour voir sa famille, quelques mois avant le conflit (le pays a été entraîné dans la guerre régionale par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël, après la mort d’Ali Khamenei, ce qui a déclenché des représailles israéliennes massives). Sa famille vit « dans les quartiers chrétiens proches de Beyrouth, sur les hauteurs ». S’il la considère à l’abri, il pointe la situation dramatique des personnes déplacées. « Ils sont un million, très majoritairement des chiites, c’est à dire le tiers des Libanais musulmans », explique-t-il.
« Le pays est en train de se faire détruire une nouvelle fois, il faudra le reconstruire. Après la guerre de 1975-1990, les chrétiens qui avaient perdu cette guerre ont été marginalisés. Il ne faut pas que la même chose arrive aux chiites. Que va-t-il se passer ensuite ? », s’inquiète-t-il. « Comment dans un pays détruit, va-t-on pouvoir garantir une paix sociale ? Le Liban est fatigué par une guerre qui ne s’arrête pas, et ce depuis très longtemps… A un moment donné, il faut que les gens puissent vivre dans la paix et dans le pardon. Or le pardon implique le dialogue »
« Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui prient autour de nous »
« Je ressens de l’inquiétude. En même temps, l’espérance est là aussi » confie Joseph Antonios. Car malgré cela, le Liban existe encore, les gens continuent à vivre et travailler ensemble, à se faire confiance.
Autour de moi, beaucoup de gens prient pour le Liban. Là-bas, il y a une sorte de retour à la foi, comme ce qui se passe en France – parce que dans les difficultés, les gens gardent quand même cette volonté de pratiquer. Je reçois beaucoup de messages de soutien de Français. Et ceux qui n’ont pas la foi nous disent qu’ils pensent à nous. »