13 avril 2026
Sainte Ida de Louvain
A quelques jours de Pâques et des œufs en chocolat, et si nous regardions la gourmandise bien en face : au fond, que dit-elle de nous-mêmes ?
Parler de la gourmandise, c’est d’abord évoquer le goût. Ce sens nous offre d’apprécier les saveurs (salée, sucrée, amère…). Le goût nous permet de caractériser les mets et de percevoir ce que nous aimons ou pas. Le goût, c’est un élan vital ! Plus encore, le goût est le siège de notre mémoire sensorielle, qui se construit dès l’enfance. « Je me souviens, étant enfant, des pâtés aux prunes confectionnés avec ma Maman. Ces pâtés dans le four qui parfumaient la cuisine des odeurs caramélisées du sucre et des fruits. Et surtout, de la dégustation de ces pâtés fruités au goût compoté (confit), qui me plongeait alors dans une sorte de bain sensoriel et m’envahissait d’une douceur, d’une sérénité durable. Aujourd’hui encore, ce souvenir d’enfance m’habite et resurgit lorsque je mange des tartes aux fruits. »
Comme l’expérience que Proust a vécue avec sa fameuse madeleine, la pratique gustative de la pâtisserie en famille vient nourrir la mémoire sensorielle et toucher l’équilibre émotionnel. Selon Nicole Prieur, psychologue et essayiste, « cultiver sa mémoire sensorielle permet de préserver durablement son équilibre émotionnel ». Lors de ces expériences, « notre corps renoue avec les forces vives de ces instants », écrit-elle*. Ainsi, la gourmandise est une expérience sensorielle qui sommeille en chacun de nous. Nous avons tous connu l’irrésistible envie de reprendre une part de dessert, un deuxième chocolat, voire un troisième… Parce que c’est bon. C’est la notion d’expérience agréable et de plaisir qui prime dans l’élan gourmand. Le plaisir est la motivation première de la gourmandise. Il relève de l’émotion, vient modifier nos perceptions. Il procure joie, satisfaction, contentement ; des états très positifs.
La gourmandise révèle notre état intérieur
La quantité est la réprimande première adressée à la gourmandise. Notre relation à l’alimentation révèle parfois nos états intérieurs. Sommes-nous dans un certain équilibre ? Ou dans un manque de modération ? Quelle est ma capacité à me limiter ? Ce dilemme rejoint souvent les enfants… Ce point d’équilibre fonde l’essentiel et la complexité de notre rapport à la gourmandise. Mais avant tout, la gourmandise, c’est se faire plaisir sans culpabilité. Elle suscite le désir et nous procure quelques vertus comme la tempérance et l’appétit de la vie. La mesure nous permet de nous définir comme gourmets et d’apprécier les chocolats de Pâques à leur juste valeur !
* Dans son article Aimez-vous les madeleines ? magazine La Vie du 17 juillet 2025.