8 mai 2026
Saint Désiré
Les chrétiens de l’Anjou se sont rassemblés vendredi 1er mai à Béhuard pour prier pour les vocations. Un beau moment de ferveur diocésaine.
A pied, à vélo ou en canoë…. En ce premier jour du mois de Marie, près de 700 fidèles venus de tout le diocèse ont convergé vers l’île de Béhuard à la faveur d’une météo printanière. Demander au Seigneur des vocations religieuses pour le diocèse : c’était le but de cette rencontre diocésaine initiée par notre évêque, et organisée conjointement par le service jeunes, le service des vocations et le sanctuaire de Béhuard.
Arrivés à pied depuis Angers, Caroline et Xavier ont marché près de 4 heures. Pour ces fiancés, c’est important de prier pour les vocations. : « Pour les sacrements, il faut des prêtres » estime Xavier, qui reste optimiste : « on observe depuis peu un renouveau des baptêmes d’adultes, et cela va s’accompagner d’un renouvellement des vocations, en tous cas les choses vont bouger » assure-t-il.
Venue à pied de Rochefort, Mireille aussi est confiante : « On manque de prêtres, mais j’ai confiance, sourit-elle. D’ailleurs, monseigneur Delmas a dit qu’il fallait garder confiance »
Le pique-nique avalé, les pèlerins ont pu échanger sur leurs questionnements avec les religieux, religieuses et les prêtres du diocèse autour d’un café, à l’ombre de la volière située dans la cour de la maison diocésaine. Pour certains, être là auprès des consacrés, est un signe de soutien. « On se doit de participer à ces événement diocésains, et par notre présence, de leur montrer qu’on les aime ! » renchérit Gonzague, un jeune papa d’Angers, édifié par « leur joie qui rayonne ».
L’après-midi, tandis que les plus jeunes étaient répartis par groupes d’âge, chacun s’est dispersé en ateliers : « Mon fils veut entrer au séminaire / ma fille veut entrer au couvent… patatras, ou alléluia ? ». Il était possible aussi d’écouter le témoignage de prêtres de plusieurs générations, le plus jeune et le plus âgé du diocèse ! Ou encore d’assister à une table ronde rassemblant des parents de prêtre, un prêtre et une jeune religieuse.
« C’est beau de les voir témoigner de leur joie »
Laëtitia et Benoît ont été touchés par les prêtres de plusieurs générations. « Ils ont partagé leur joie d’être prêtre et l’importance d’être au cœur d’une Église vivante au milieu des paroissiens, c’était beau de les voir partager leur vocation ! ». Tout comme Marie, qui vient d’Angers. « Ils ont dit que ce qui les soutient, c’est la fidélité de Dieu, la fidélité des paroissiens, mais aussi la fidélité de leurs frères prêtres qui demeurent fidèles à leur engagement. Les relations avec les paroissiens, avec les gens… ça les rend heureux. L’un d’eux parlait même de ‘famille paroissiale’ » raconte-t-elle.
Laëtitia été marquée par le témoignage d’une religieuse au cours de la table ronde. « Elle nous expliquait comment ses parents, catholiques, l’avaient aidée, en l’encourageant à rester libre. Ils ont évoqué l’importance de la discrétion vis-à-vis du cheminement d’un enfant » apprécie-t-elle.
En Anjou, la pastorale des vocations a une mission de prière mais aussi d’accompagnement des jeunes qui se sentent appelés à donner leur vie à Dieu. « Plusieurs groupes de prières pour le vocations existent dans les paroisses (Saumur, Beaupréau…). Des familles prient aussi particulièrement pour cela » indique le père Emmanuel d’Andigné, prêtre accompagnateur de cette pastorale.
Cette année, il anime le parcours Emmaüs qui accompagne quelques jeunes dans un parcours vocationnel. A partir d’octobre, un nouveau cheminement de discernement pour les garçons, et un autre pour les filles, sera mis en place. « Aujourd’hui des garçons se posent très sérieusement la question de la vocation » confie-t-il. « Mais l’espérance n’est pas une question de nombre, rappelle-t-il. L’espérance, c’est de se dire que c’est Dieu qui mène la barque. Le plus important, c’est que celui qui s’avance, le fasse librement et joyeusement ».
Tout au long de l’après-midi, des prêtres se tenaient à disposition des fidèles à l’ombre de la « cathédrale de verdure » pour les confessions. Il était aussi possible de se recueillir dans la chapelle, et auprès des reliques de saints Carlo Acutis et Jose Luis Sanchez del Rio, mort pour sa foi à l’âge de 14 ans en 1928 au Mexique. Deux témoins de la foi qui n’ont pas eu peur suivre le Christ.
Pour Louis-Marie, diacre dans les Mauges, ces figures de sainteté sont un modèle. « Les saints dont on a vénéré les reliques nous montrent qu’ils ont témoigné en martyr. Est-ce que nous, s’il nous arrivait un gros malheur, nous serions capables de témoigner comme eux, avec la même foi ? », s’interroge-t-il.
En introduisant la messe en plein-air qui clôturait la journée, Monseigneur Delmas a invité l’assemblée à « se mettre dans leurs pas, pour que l’Église ne manque jamais de vocations religieuses ».
« Le Seigneur continue d’appeler »
Pendant l’homélie, il a évoqué Samuel, appelé par Dieu par la voix du prophète Élie (1S ch.3) dont le passage avait été lu au cours de la messe. « Nous pouvons nous demander qui a pris la place d’Élie pour nous, qui nous a appelés ? Est-ce que ce sont nos parents, nos amis ? Cette question nous fait dire que le Seigneur appelle souvent par des intermédiaires. Il est présent dans nos vies et continue d’appeler » a-t-il dit. « Cet appel n’est pas que pour les prêtres, mais pour tous ceux qui ont été baptisés et confirmés ».
La messe s’est achevée par une visite surprise : celle de Saint Maurille en personne, qui se tenait dans le fond de l’allée sur son cheval, mitre vissée sur la tête. Devant des fidèles conquis, le 4e évêque d’Angers a rappelé à Monseigneur Delmas qu’il était bien présent à ses côté et que le Ciel avait entendu la supplique du diocèse pour les vocations.

©Corentin Renaud / Communication diocésaine