Le travaux de la galerie de la cathédrale d’Angers touchent à leur fin : l’inauguration est prévue pour le 9 avril 2026, lors d’un grand évènement ouvert à tous. C’est Monseigneur Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, qui bénira ce nouvel espace liturgique.

Les 10, 11 et 12 avril, de nombreuses visites seront proposées pour découvrir cette galerie qui agrandit l’espace de notre cathédrale, et admirer les magnifiques statues polychromes médiévales.

Quelques photos

Photos : Michel Morille

Retrait des échafaudages

4 février 2026

Retrait de la Palissade

12 février 2026

Foire aux questions

Pourquoi une galerie pour la cathédrale d’Angers ?

En 1993, lors de travaux de nettoyage des sculptures du portail, les spécialistes découvrent qu’à l’origine, ces sculptures était peintes. Ces polychromies avaient été recouvertes d’un badigeon blanc entre 1810 et 1935.

Après la restauration des polychromies, il était nécessaire de les protéger des aléas météorologiques (pluie, vent, ensoleillement).

Pourquoi ne pas avoir reproduit la galerie du XIIIème siècle ?

Une galerie existait déjà au XIIIème siècle devant la cathédrale d’Angers. Cependant, il était impossible de la reproduire car les éléments dont nous disposions (gravures, peintures) étaient insuffisants et parfois même incohérents entre eux : par exemple, le nombre d’arches de la galerie diffère d’une représentation à l’autre.

Comment le choix de cette galerie a-t-il été réalisé ?

En 2019, la décision d’organiser un concours d’architecture est prise. Différents enjeux et contraintes sont imposés aux candidats :

  • Conservation : protéger les polychromies ;
  • Usage : permettre l’entrée dans la cathédrale, en ménageant un passage du profane au sacré ;
  • Volumétrie : faire en sorte que la galerie compose avec la cathédrale et ne prenne pas le dessus ;
  • Urbanisme : la création doit s’insérer dans le tissu urbain existant et avoir la même emprise que l’ancienne galerie du XIIIème siècle.

D’autres contraintes techniques nombreuses étaient aussi imposées par le cahier des charges : la partie haute de la nouvelle galerie devait arriver entre le larmier et le haut des polychromies (soit une hauteur d’environ un mètre) sans les masquer (ce qui excluait la présence de poteaux sous la galerie). Il était aussi impossible que la création s’appuie sur la cathédrale elle-même au risque d’affaiblir sa structure, ou que les fondations reposent sur les vestiges archéologiques présents au pied de la cathédrale.

Soixante-quatorze candidatures ont été reçues, cinq ont été retenues pour un second tour. Au terme du concours, c’est l’agence de l’architecte Kengo Kuma qui a été choisie par le jury, notamment composé du préfet de Maine-et-Loire, de l’évêque du diocèse d’Angers et du maire d’Angers.

Les cinq projets finalistes peuvent être consultés ici.

Pourquoi le projet de Kengo Kuma a-t-il été choisi ?

Le projet de Kengo Kuma était le seul qui proposait un véritable lien entre la cathédrale et la galerie, avec un discours clair et construit.

Il déploie une symbolique de la porte permettant de passer du profane au sacré. Cette symbolique est très importante dans l’histoire de l’humanité (textes bibliques, dolmens, Égypte antique, portes japonaises, etc.).

Cette présence du sens sacré se retrouve aussi dans les formes géométriques utilisées (on parle de « géométrie du sacré »), et fait place à des formes comme le carré (représentant l’homme, la demeure) et le rond (représentant Dieu, la perfection). Par ailleurs, les voussures (courbures) ont le même dessin que celui du portail de la cathédrale.

Le travail de Kengo Kuma est aussi très lié à la nature et particulièrement ici à l’hydrographie d’Angers et de sa région. L’une des inspirations de cette galerie est par exemple l’entrée de l’abbatiale de Fontevraud, située un peu plus amont sur la Loire (ci-contre).

Wikimedia Commons

Le projet proposé par Kengo Kuma s’insère dans le tissu urbain alentour très dense, en permettant que, quel que soit la rue par laquelle nous arrivons à la cathédrale, nous voyions la galerie apparaître petit à petit.

Les portes sont évidées, pour rappeler le drapé très fin de certaines sculptures du portail et pour que la galerie ne paraisse pas trop massive. L’esthétique de cette galerie a été pensée depuis plusieurs points de vue : depuis l’extérieur bien sûr mais aussi, depuis l’intérieur de cathédrale vers l’extérieur.

D’un point de vue technique, les ouvertures ont été pensées pour éviter que le vent, la pluie ou les rayons ultra-violets du soleil ne viennent abîmer les peintures polychromes. Des études ont été menées pour confirmer ces éléments essentiels du cahier des charges.

Quelles sont les entreprises qui travaillent sur la construction ? Sont-elles japonaises comme l’architecte ?

Les entreprises qui travaillent sur le chantier sont des entreprises françaises située en Maine-et-Loire (Ombrée-d’Anjou, La Séguinière, Noyant-Villages) ou dans le Territoire de Belfort (Danjoutin).

Pourquoi avoir choisi du béton plutôt que de la pierre ou du tuffeau ?

Vingt-quatre échantillons de matériaux ont été testés durant la phase d’étude.

L’utilisation de la pierre de Tercé (Poitou-Charentes) aurait engendré un poids de 1200 tonnes pour l’ensemble de la structure, avec dix-neuf micro pieux pour les fondations. Cette solution était techniquement impossible à mettre en œuvre à cause des vestiges archéologiques présents au pied de la cathédrale. De plus, l’utilisation de cette pierre nécessitait la réalisation de joints entre les pierres, ce qui aurait pris le pas sur la cathédrale elle-même.

Le tuffeau, pierre locale, a aussi été envisagé mais sa fragilité ne permettait pas son utilisation dans un lieu de passage comme une galerie, à cause des frottements qui auraient été provoqués.

Enfin, l’utilisation de la pierre de Tercé et du tuffeau auraient nécessité la pose d’une couverture en métal ce qui appelait des problématiques d’entretien régulier.

Le choix s’est donc finalement porté sur du béton, contenant du sable et des graviers provenant de la Loire et de ses alluvions et affluents. Le béton a ensuite été poli pour voir apparaître les cailloux. La couleur obtenue est proche de celle des pierres de la cathédrale. Le poids final de la structure est de 450 tonnes et a nécessité la pose de huit micro pieux en guise de fondation.

Il est aussi à noter que, même si le béton est utilisé, les techniques de constructions restent immuables. Par exemple, l’utilisation de cintres en bois pour le maintien de la structure est une des techniques qui étaient aussi utilisées au Moyen-Âge.

De tout temps, la cathédrale d’Angers a connu des améliorations et agrandissements, notamment aux XIIème, XIIIème, XVIème et XIXème siècles. Cette création contemporaine s’inscrit donc dans ce mouvement continuel : les voussures et joints sont dans la continuité de la cathédrale, ainsi que l’unité d’ensemble créée par l’utilisation du béton et des graviers qui y sont mélangés.

Pourquoi avoir ne pas avoir installer un simple vitrage, pour protéger les sculptures et permettre de les observer ?

L’objectif du projet est de protéger le portail sculpté polychromé restauré. Afin d’assurer sa conservation, il était nécessaire de créer un ouvrage non fermé et non climatisé, perméable à l’air et la lumière.

Un boite transparente aurait pour effet de dégrader rapidement les peintures restaurées (par effet de surchauffe), qui nécessitent une protection simple aux éléments : eau, vent, soleil. Afin de retrouver une micro climat.

La forme de l’ouvrage choisi propose des ébrasements des parois (paravent / paresoleil) qui permettent d’atténuer l’entrée du vent, empêche le rayonnement direct du soleil, et protège du ruissellement eau de pluie.

Quelles sont les dimensions de la galerie ?

Pour préserver les vestiges archéologiques présents au pied de la cathédrale, la galerie n’a pas exactement la même emprise que l’intérieur de celle du XII ème siècle.

On peut le voir dans le schéma ci-contre : l’emprise de la nouvelle galerie (tout en bas) correspond à l’intérieur de l’ancienne galerie.

Quand les travaux ont-ils débutés ?

De 2007 à 2019, les sculptures polychromes ont été restaurées. De 2021 à 2023, les parties basses de la façade occidentale ont été restaurées. C’est également en 2021 que la construction de la galerie de protection du portail a débuté.

Aussi, depuis 2023, la ville d’Angers a décidé de réaménager la place Monseigneur Chappoulie et les abords de la cathédrale : piétonisation, désimperméabilisation, pavage, etc. Plus d’informations ici.

Y a-t-il d’autres travaux en cours à la cathédrale d’Angers ?

Depuis dix ans, l’État a investi près de 13 millions d’euros dans la
restauration et la protection de la cathédrale :

  • Le baldaquin au-dessus du maître-autel : 450 000 euros entre 2015 et 2018 ;
  • Le grand orgue dont la restauration vient de s’achever : 365 000 euros entre 2020 et 2025 ;
  • Les vitraux et la maçonnerie de la rose sud du transept : 430 000 euros entre 2021 et 2023. Les vitraux, redécouverts à cette occasion, ont été prêtés au musée de Cluny pour une exposition sur les Arts sous le roi Charles VII.
  • Les toitures de la nef, dont la restauration est en cours, ont bénéficié de crédits du Plan de relance : 3,75 millions d’euros entre 2021 et 2025.
  • La façade occidentale qui accueille la galerie de Kengo Kuma.
    • Restauration des parties basses de la façade occidentale : 650000 euros entre 2021 et 2023.
    • Construction de la galerie de protection du portail : 5,5 millions d’euros dont 1,1 million d’euros pour l’archéologie, entre 2021 et 2026.
    • La restauration des sculptures : 1,6 million d’euros entre 2007 et 2019.

Soit 7,75 millions d’euros pour l’opération de restauration du portail, des parties basses de la façade occidentale, des fouilles archéologiques et de construction de la galerie.

Quand sera inaugurée la galerie ?

La nouvelle galerie sera inaugurée civilement et liturgiquement le jeudi 9 avril 2026 à partir de 18 heures, lors d’un grand évènement ouvert à tous. C’est Monseigneur Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, qui bénira ce nouvel espace liturgique.

Les 10, 11 et 12 avril, de nombreuses visites seront proposées pour découvrir cette galerie qui agrandit notre cathédrale, et les magnifiques statues polychromes.